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 NOUVELLE..." LE BILLET " de 1 à 31.

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breitou

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MessageSujet: NOUVELLE..." LE BILLET " de 1 à 31.   Dim 28 Sep - 21:19

Albert SIMEONI

Paris le 8/3/2005.

Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.

Dans les principaux rôles……Par ordre de rentrée.

Pierre Berthier…………..Cheminot à la S.N.C.F.
Andréa …………………..Sœur aînée de Pierre.
Alfred……………………Le cadet de Pierre.
Aurèlie Berthier…….La maman de Pierre.
Dédé Berthier…….Ancien cheminot, le papa de Pierre décède.
Adèle Parmentier….La fiancée et future femme de Pierre. Epouse Berthier.
Meyer Leïbovici……Fabricant de vêtements à Marseille.
Elie Leïbovici……Frère de Mr Meyer, fabricant de moumoutes au Sentier à Paris.
Les enfants de Elie………..Jonathan, Rachel,Yoschua.
Fred Boutboul……Patron du café ‘…Les Montants qui chantent…’
Georgette Gallois………La cousine de Adèle. 26 ans. Comptable.
Fortunée Hattab……….La concierge de l’immeuble de Mlle Galois.
Irène Smadja………La cheftaine de l’atelier chez Monsieur Meyer.
Maturin Arnaud………Le chef de service de Mr Pierre Berthier.
Camille Lévy………….La petite fille cachée. 6 ans.
José Riberole………Le conducteur de train. 38 ans.
Colonel Bertrand……..Le chef du réseau ‘…VOIE ET LIBERTE…’
Eugénie Blanchard…….La voisine de Monsieur Elie Leïbovici.
Jean-Luc Morton……….L’inspecteur de Police de la rue des Morillons.
Victoria Loiseau…… …La dame de la rue des Annelets. Alias Victoria.
Yvette Lebrun……….La concierge de l’immeuble des Berthier.
Gilles Lefranc……… Barman de la Brasserie ‘..Au petit Annelet…’
Alphonse Pingeon………Le receleur.
Francis Girard………...Le chauffeur.
Le père Amédée………Abbé franciscain du prieuré de l’Enfant Jésus de Prague.……A Ferté en Amont..
Cecile……………………La poupée de Camille.
Les enfants de Camille…. Ruben, Hanna-Henriette et Chlomo .
Monsieur Pascal………….Gardien d’immeuble de M. Leïbovici.





Le BILLET.
Camille et les autres.




Il est 5 heures 30 en ce lundi matin, d’une certaine année, lorsque le réveil de M. Pierre Berthier, sonne.
Cela fait plus de 22 ans, qu’il sonne toujours à la même heure, semblable à un rituel qui se répète depuis pour ce cheminot de père en fils contrôleur des ballasts des voies ferrées de la S.N.C.F sur un large périmètre dans la région parisienne.

Autant d’années à surveiller ces rails qui n’en finissent pas et qui crèvent l’horizon.
Ayant pour seuls compagnons, un grand T à tête d’écrou en acier, qu’il porte en bandoulière, vêtu de sa combinaison couleur bleue sombre et portant sacoche en toile élimée sous le bras dans laquelle repose son déjeuner, au fond de sa gamelle en aluminium.

22 ans sans se faire porter absent par tout temps, tenant parfois sa lanterne à pétrole qui se balance au grès de sa démarche par les jours de forte brume.
Il traîne son fardeau sans jamais protester, ni gémir parce que chez les Berthier on aime ce métier.

L’homme est à ses rails comme le sont les racines aux arbres.

Pierre l’a apprit sur le tas en suivant à la trace son défunt père dans sa jeunesse.
C’est un dur métier, facile en apparence, que de superviser ces longues parallèles en acier trempé, le regard accroché sur chaque traverse en bois
Il faut avoir l’œil et surtout le bon ; celui qui sursaute sur la moindre faille ; le boulon mal vissé, le gros caillou qui entrave la voie ou l’animal perdu immobile en travers des voies, qui risque de se faire catapulter par surprise par les grosses locomotives à charbon. Ajoutez à cela, ces longues marches qui n’en finissent plus sous les vents soufflants des quatre points cardinaux et vous avez une idée de cette fonction, sans oublier les chutes de neige et le verglas qui s’accrochent pareils à des arpètes sur ces barres couleur gris-acier.

Pierre est le troisième enfant d’une famille qui en compte trois…. Il est le plus jeune après sa sœur aînée Andréa, et le cadet Alfred.

Son papa Dédé décéda lorsque Pierre avait 18 ans, laissant sa femme Aurélie accompagnée dans sa solitude par le benjamin car ses deux frères sont mariés.

Il se retrouve donc du jour au lendemain chef de famille avec sa maman bien malade. Elle porte dans son corps de rhumatismaux parasites qui la clouent sur une chaise la moitié du temps. Malgré son handicap, la courageuse quinquagénaire trouvait la force de s’occuper de son tout dernier.

La S.C.N. F. compatissante, proposa au fils, la place du défunt père d’autant plus que le jeune homme avait fait ses premières armes auprès de son géniteur.
Il abandonna donc ses maigres études pour se consacrer à sa nouvelle tache.

A Suivre....



2°.

Pierre entretient donc une portion de voie ferrée comprise entre DRANCY et PARIS ; la même voie que celle de son papa. Il la connaît par cœur et il s’en vante auprès des autres cheminots qui voient ce jeune fils ‘ des voies ferrées’, débutant, prendre son boulot au sérieux. Il disait qu’il connaissait le nom, pour les avoir touchées, de chaque pierre noircie par les passages des trains roulants à vive allure. De temps à autre, les mécaniciens, accoudés aux ‘ hublots’ de leur grosse ‘locos’, ‘les gueules sales aux mains noires’, crachant la houille en fumée épaisse, le saluaient par un large signe de la main.

La guerre de 14/18 éclate et il ne fut pas mobilisé pour cause de soutien de famille.
Il se présenta aux armés pour son engagement. Son dossier médical en plus de cela, ne parle pas en sa faveur. Il est donc recalé.

Quatre ans plus tard, l’Armistice sonne le glas de cette boucherie. Et de ses espérances. Il à 22 ans.
Passent les années.
Pierre, vers l’âge de 40 ans, décide de prendre épouse sur les conseils de sa maman. Il se faisait vieux selon ses dires. Il épouse donc en cette fin d’été, 1938, une lointaine cousine du nom de Adèle…. Adèle Parmentier qui habite Marseille dans le quartier de la Roquette pas très loin du port de Marseille. De famille modeste, Adèle a 25 ans et travaille chez un fabricant juif dans la confection des vêtements.

Adèle est première couturière depuis son jeune âge, chez ce brave homme religieux, d’origine polonaise du nom de Meyer Leïbovici. Un nom de famille assez courant à Varsovie. La famille Meyer immigra en France, à Paris, dans les années 1915.

Adèle pour son bonheur du le quitter pour cause de justes noces.
Son patron, emballe par le sérieux de la jeune fille et apprenant la nouvelle de son futur mariage à Paris, la recommanda à son frère Elie, fabricant de fourrures dans le quartier du Sentier à Paris.

Meyer lui remit une lettre de recommandation afin de faire valoir ses bonnes qualités auprès d’Elie, une fois celle ci installée.

Elle avait fait part de son projet d’union à son patron deux mois à l’avance et c’est avec un grand regret que M. Meyer dû se résigner au départ de cette belle fille douce, sérieuse et ne répliquant jamais.

-‘…Le mariage est important chez nous, ma fille et je suis heureux que cela soit le seul motif valable à mes yeux pour compenser ma peine. Soyez heureuse et surtout donnez-moi de vos nouvelles. De toutes les manières, mon frère me les donnera, vous allez voir, il est aussi brave que je le suis, c’est une tare chez nous la gentillesse … !’
-‘…Je constate que vous êtes un homme merveilleux, bon, M. Meyer… !’ Dit- elle en baissant les yeux et rougissant de honte dans son bureau rempli de patrons de papier éparpilles dans tous les coins.
-‘…Je souhaite que vous y mettiez de l’ordre M. Meyer … !’ Réplique la jeune fille avec un sourire malicieux aux coins des lèvres… !’
-‘…Oh… ! Ceux ne sont que des patrons de papier, je ne m’en fais pas outre mesure, ce sont les seuls qui ne me commandent pas… !’ Répondit-il avec le même sourire.
-‘…Je suis désolée de vous quitter, M. Meyer … !’ Dit -elle d’une voix triste…
-‘…Mais vous me quittez pour une juste cause, enfin, ma petite… !’

Les yeux d’Adèle brillaient par l’émotion...

A Suivre...

3°.

-‘…Et surtout ne pleurez pas, vous savez que je monte assez souvent à Paris et que j’aurai mille occasions de vous voir, il n’est pas bon de pleurer, il faut toujours être souriant et surtout ne jamais se morfondre, sinon vous gâcheriez l’instant serein dans lequel nous sommes … !’

Elle essuie un début de larmes qui ne demandait qu’à couler sur ses joues avec son revers de manche et serra longuement la main du religieux.

-‘….Vous avez ma bénédiction… !’

La jeune fille, munie de sa recommandation, se ploie aux exigences que la courtoisie impose dans ces moments là, et prit définitivement congé de son patron, M. Meyer.

Trois jours plus tard, Adèle s’installe à Paris chez une cousine germaine, Georgette. Cette dernière habite un appartement composé de deux pièces du côté de la Rue de Ménilmontant.
Georgette est heureuse de retrouver Adèle, d’autant plus que sa cousine vit toute seule dans ces deux chambres avec fenêtres sur cour, cuisine et salon non compris, qu’elle trouvait trop grandes.

Georgette lui fait visiter dés son arrivée, ce coquet logis où tout est en ordre.
Sa chambre était déjà prête.
Adèle, quelques jours plus tard, eut tout le loisir à flâner et faire ainsi connaissance avec les gens de son nouveau quartier. Elle découvre son nouvel environnement. Elle se prend d’amitié avec la concierge de son immeuble, Madame Hattab, une dame courte et de forte corpulence venue de son pays natal, la Tunisie, il y a des années de cela. Madame Hattab, en femme avertie, comprit la gentillesse de cette jeune demoiselle débarquée de sa province marseillaise et elle rigole de cet accent chantant du sud…

-‘…Va falloir que vous vous y mettiez pour changer votre accent, avec la grisaille que nous avons ici, il risque fort de s’enrhumer Mlle Adèle… !’
-‘…Il est encore trop tôt, Madame Hattab pour cela, laissez-moi encore deux mois et je serai une vraie parisienne, et puis tutoyons-nous… !’
-‘….Ah….. ! Là vous commencez à perdre vos bonnes habitudes, bien alors comme il te plaira.. !’

Elles se mirent à rire ensemble par cette nouvelle convenance.

A Suivre.



Adèle avait hâte de connaître son futur fiancé. Elle s’empresse de lui téléphoner à partir d’une cabine téléphonique installée dans une brasserie car Pierre avait une vague idée du jour de l’arrivée de sa promise, et c’est dans un café ‘ …Les Montants qui chantent…..’ Situé dans le Bd de Belleville, chez Fred, qu’ils se rencontrent pour la première fois, le dimanche suivant.

Comme convenu, nos deux jeunes gens se retrouvent dans ce lieu, fort bien connu par les habitués du quartier, d’autant plus que FRED, le patron, organise des après- midi dansant dans une arrière salle. Il y règne dans ses bals dominicaux, une ambiance toute parisienne et les accordéonistes s’en donnent à cœur joie pour emporter les adeptes de ‘musettes’, dans des danses entraînantes, choisies dans des répertoires d’époque. Un certain Maurice Chevalier, y vient même chanter, à l’improviste par amitié pour Fred, ‘ …Et respirer un peu d’air frais de mon quartier …’ Comme aimait à le dire M. Canotier, avec son large sourire, à ses admirateurs.

La rencontre, entre les deux jeunes gens fut très agréable et le courant passa. Adèle lui parue charmante, c’est du moins ce qu’elle écrit à ses parents restés à Marseille, dans une longue lettre. Elle le trouve aussi beau et surtout plein d’humilité. Agréable de compagnie convenant et fort modeste. Elle reproche même à ses géniteurs cette cachotterie de cousinage écrite dans un esprit de plaisanterie.

De son côté, Pierre se laisse aller à des confidences avec sa maman. Il est tombé sous le charme de cette jeune fille à l’accent méditerranéen. Il vient d’entendre la voix toute chaude d’une Marseillaise. Il en est ravi. Il ne tari pas d’éloges sur Adèle. Sa maman, l’écoutait attentivement.

-‘…Je vois que tu es emballe par cette jeune fille, et je suis heureuse pour toi … ! Les Parmentier sont des gens sobres, de la campagne. De bons chrétiens: Adèle a été élevée dans la foi chrétienne. Ce sera une bonne mère pour tes futurs enfants…. ! Pierre... !’
-‘…Merci maman…. ! Tu seras près de nous, ne t’inquiètes pas… ! Nous avons discuté de tout cela ensemble, sans rien nous cacher. Elle est d’accord sur le principe et nous allons vivre dans un coquet appartement, tous les trois réunis, pas loin d’ici… ! Le père Mourron, mon chef de service vient de me proposer sa maison ; la grande direction va le transférer dans le centre de la France, à Orléans. Il est promu directeur dans un grand secteur. Il en est tout fier ….. !’
-‘…Mon fils, tu ne crois pas que je suis bien ici et que je peux m’occuper de ma personne, je ne veux être à la charge de personne... !’
-‘…Pour une fois, tu vas m’écouter, c’est soit tu viens habiter chez moi, soit je ne me marrie pas, c’est bien compris et ne me répète plus ce genre de chose…’ Conclu Pierre légèrement contrit par les propos de sa maman.

Aurèlie, sans polémiquer sur la décision de son fils, baisse la tête et rentre dans sa cuisine en tenant sa béquille.

Pierre ressent un léger remord. Il va vers elle et la prend dans ses bras, en l’embrassant sur le front.

-‘…Je t’aime maman... !’

Elle lui sert son dîner, puis va se coucher.

A suivre….


Dernière édition par breitou le Ven 27 Nov - 23:20, édité 1 fois
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MessageSujet: LE BILLET DE V A VIII.   Dim 12 Oct - 21:55

Musique du film en arriéré fond.











Le BILLET V


Pierre ressasse dans sa tête la rencontre de ce dimanche. Il revoit sa future bien aimée dans le fond de ses pensées et essaye de visionner toutes les images de ce merveilleux rendez-vous dominical.
Les rencontres entre les deux jeunes gens deviennent de plus en plus assidues jusqu’au jour où, Pierre décide de présenter sa future fiancée à sa maman qu’elle connaît pour l’avoir prise dans ses bras, à sa naissance, il y a fort longtemps.

Aurèlie avait préparé un bon dîner pour cette visite.
Elle est tout heureuse du choix pour son fils.
Adèle, plus belle que jamais, est très attentive aux paroles de sa tante, durant le repas. Elle la trouve plein d’esprit et se remémore ce que sa maman lui avait dit avant qu’elle ne monte à Paris...

-‘…Tu verras ma fille, Aurèlie est une femme hors-paire, courageuse et surtout pleine d’esprit… !’

La maman d’Adèle ne se trompait pas car malgré son handicap, Aurèlie est une vraie magicienne des mots amusants et des réflexions pertinentes, doublée d’un vrai cordon bleu…Ce qui fit dire à Adèle.

-‘…Et bien, avec vous, une fois installés, je ne sais pas si Pierre va aimer ce que je vais lui préparer… !’
-‘…Il aimera, même si cela ne n'est pas à son goût, car je pense qu’il vous aime déjà… !’

Pierre rougit. Il ne dit mot par respect pour sa maman.

Plus tard, Adèle et Pierre, comme tous les amoureux du monde, échangent leurs premiers baisers furtivement dans le patio de l’immeuble au moment où Madame Hattab, la concierge, sort avec son sceau et sa serpillière pour laver le carrelage cabossé du couloir….Ils sont surpris sous son regard…

-‘…Oh, faites comme si je ne suis pas là et d’ailleurs, je vais rentrer, j’essuierai plus tard, l’amour ne peut attendre… !’

Ils se mettent à rire sur cette expression toute juive et méditerranéenne.

Elle se décide enfin, après ces quelques journées de farniente d’aller à la rencontre de M. Elie, le frère de M. Meyer, fourreur à Paris dans le quartier du Sentier. Au n° 36. Son atelier de confection se trouvait dans le fond d’une cour, facilement reconnaissable aux bruits des machines Singer. Adèle n’eut aucun mal à reconnaître l’endroit. Une grande enseigne, posée au-dessus de la porte à deux battants, indique
‘…Etablissement ELIE LEÏBOVICI, FABRICANT DE FOURRURES…36 RUE DU SENTIER…PARIS 9 ième. TEL. 436 538…’

Adèle se présente donc, devant l’établissement et sonne. Elle répète l’opération une seconde fois, lorsqu’un Monsieur d’un certain âge se présente devant elle…

A suivre…


Le BILLET VI

‘…Bonjour Monsieur… !
‘…Ah… ! Vous devez être sans doute Adèle, mon frère m’avait averti de votre visite. ! Rentrez ma fille et surtout ne faites pas attention au désordre… ! J’ai tout de suite compris que vous étiez Mlle Adèle, mon frère m’a tellement parlé de vous que j’avais hâte de vous connaître…. !’ Lui dit-il dans son accent français, mâtiné de yiddish.
‘…Je suis très touchée par vos paroles et je ne sais que dire… !’
‘…Ne dites rien… ! Venez, je vais vous montrer l’atelier.. !’
‘…J’ai sur moi la recom... !’
‘…Oh, mais je n’en ai pas besoin, les éloges intarissables de mon frère sur vous, vous dispense de me présenter quoi que se soit, ma fille… ! Allez venez… !’

Il lui fait visiter le grand atelier où s’affairent une dizaine d’employés pour la plupart des femmes.

‘…Regardez celle là, c’est Tilda, une bonne et vieille machine mais robuste. Je donne toujours un surnom à mes piqueuses, comme un fermier envers ses vaches après tout ne sont t’elles pas mes pies à lait… ? Celle ci c’est Yvonne, en souvenir de ma vieille tante, elle était sourde mais pas celle là, elle vous entend et vous obéit au doigt et à l’œil. Celle que vous voyez là bas, recouverte d’un tissu blanc c’est Gilda, elle a trépasse depuis deux ans mais je me suis tellement attaché à elle qu’il m’en coûte de m’en débarrasser… ! Je n’ai pas le cœur de m’en défaire… ! Vous, vous aurez Ernestine, mon meilleur modèle, haute technologie et surtout fidélité ; une dure à cuire, la maison Singer me là offerte en signe de bons et loyaux services envers sa marque… ! Vous convient-elle… ?’
‘…Oui, bien sur et j’ai même hâte de l’entendre susurrer ... !’
‘…Ah ah… ! Et bien elle va vous enchanter, vous commencerez demain si vous êtes libre.. !
‘…Je le suis… ! Je vous suis très reconnaissant M. Elie… !’
‘…Vous serez selon votre vœu, payée à la semaine ou au mois au prix de 13 frs de la journée pour votre production, d’autre part vous aurez une prime de 3 frs par pièce terminée après la 7 ième… ! Ici certaines ouvrières me confectionnent plus de 12 fourrures/ jour.. !’ (NDLR. Un franc d’époque équivaut à 1 franc 40 avant l’arrivée de l’Euro, salaire moyen 280 Frs … selon le calcul d'un ami.)

‘…Oh, cela me convient parfaitement, Monsieur Elie, l’important est que je vous satisfasse… !’
‘…Bon alors à demain, ne faites pas attention à Madame Irène, la cheftaine, elle est un peu dure mais au fond c’est un très bon cœur, je la laisse commander mais c’est moi qui décide en dernier recours… !’
‘…Je la respecterai quoiqu’il arrive… !’
‘…Voilà ma fille, donc à demain matin, nous commençons à 8 huit heures précise. Déjeuner entre 13 et 14 heures. Nous terminons à 18 heures… !’

Adèle remercie son nouveau patron. Elle est satisfaite des modalités de son embauche et elle espérait gagner assez d’argent grâce à son savoir-faire.

Sur le chemin du retour, elle fait ses comptes en multipliant les heures par le prix convenu et escompte faire tout au plus deux moumoutes dans les premiers jours nonobstant les 7 demandées, et augmenter ainsi son pécule journalier. En route, elle fait part de sa nouvelle embauche à Pierre lors d’une nouvelle entrevue chez Fred. Il partage sa joie.
Chez elle, elle informe sa cousine sur l’évènement et lui propose de partager le loyer dés sa première paye, ainsi que ses frais de bouche et autres petites charges.

Tout va donc pour le mieux pour Adèle Parmentier.

Quelques mois plus tard, le jeune couple se marie en présence des deux familles et de leurs proches, dans une salle louée pour la circonstance, du côté de la Chapelle, à Paris. Ils emménagent dans un appartement de trois pièces du côté de Belleville et comme promis, la maman de Pierre se résout, presque manu militari, à les suivre emportant avec elle tous les souvenirs de famille. Une chambre lui est attribuée. Les premiers jours sont pénibles pour elle, par la suite elle se résigne et prend goût à l’ambiance familiale. Elle retrouve même une certaine envie de sortir pour se changer les idées. Elle se fait quelques amies au café de Belleville, La Vielleuse, là où un quatuor de bonnes femmes venues juives d’Afrique du nord viennent palabrer, sans fin. Elle commence à les apprécier et c’est souvent sous les petites boutades de sa bru qu’elle sort chaque dimanche, sans coquetterie, pour aller rencontrer ‘ ces belles femmes pieds noirs toutes natures et plaisantes’ comme elle le disait.

Un an plus tard, Adèle tombe enceinte. Malgré cela, elle demande à son patron de continuer à travailler sur sa machine. Monsieur Elie, bon père, consent sous la seule condition, qu’elle mette un bémol à sa production afin ne pas être trop surmenée car durant toute cette année, elle produisit bien plus que les autres employées allant jusqu’à confectionner plus de 9 moumoutes dépassant largement la norme établie.
Monsieur Elie était satisfait par cette jeune femme travailleuse, sobre, qui s’attelait sérieusement à sa tache au point qu’il lui fait, un jour, une confidence dans son bureau…

-‘…Adèle, je suis satisfait de votre travail, et je compte vous nommer cheftaine à la place de madame Irène, elle se fait vieille et en plus elle semble épuiser sur sa machine… ! Je ne veux pas précipiter les choses et je souhaite que cela vienne de sa part, licencier une femme qui fait partie des meubles, depuis plus de 40 ans me donne mauvaise conscience…. ! Je vous apprends aussi que vous serez augmentée de 0,50 Frs de l’heure sur votre salaire mensuel…. ! ’
-‘…Oh ...! Merci.... Mr Elie….. ! En ce qui concerne Madame Irène, vous avez raison, attendez qu’elle fasse le premier pas, après tout, vaut mieux que cela vienne d’elle que de chez vous.. !’

C’est ce qui arrive quelques mois plus tard, Irène démissionne à 58 ans après de bons et loyaux services.

Tout va pour le mieux dans le foyer des Berthier.

A suivre…

Le BILLET VII.

Adèle et Pierre sont à l’abri du besoin. Ils ont même fait de substantielles économies qu’ils placent en banque.
Le couple fait part à l’aïeule de leur vœu de changer une nouvelle fois d’appartement, au vu de leur futur et nouvelle situation…. La maman est désappointée par ce projet.

‘…Ne craignez rien, belle maman, nous n’irons pas bien loin, et vous verrez toujours vos amies… !’
-‘…Dans ce cas je suis d’accord, mais pas loin du Métro de Belleville…. !’
-‘…Nous irons nous installer du côté de Télégraphe, nous avons une petite idée, et vous serez encore mieux installée. Nous aurons une baignoire et des toilettes personnelles, plus une vue
admirable sur la rue de Belleville….Alors cela vous convient t’il … ? Puis il faut penser aussi au bébé, ici ce n’est plus possible… !’
-‘…Je n’ai pas le choix Adèle, je vous suis, je suis si heureuse…Avec vous.. !’
-‘…Nous aussi, et je suis fière d’avoir une belle-maman comme vous… !’

Edouard- Dédé, un joli garçon naquit donc en 1940.

C’est la guerre.

Les évènements se précipitent et les Allemands envahissent la France. Paris est occupé.
Les Allemands sont partout. Le haut commandement allemand réquisitionne certains bâtiments pour installer leurs sbires. La police nazie commence sa traque aux juifs avec la complicité de certains collaborateurs français. Des milices françaises, sous les ordres de la gestapo, sont chargées de la surveillance de Paris et de sa couronne. Petit à petit, les nazis tissent leurs toiles et s’infiltrent de partout.

Quelques semaines plus tard, la capitale est sous la coupe des ‘fritz’.
Les premières rafles avec leurs convois de malheur et de misère commencent dans certains quartiers de Paris. Les Parisiens, peu habitués à ce genre de vécu, prennent peur et leur mal en patience. Le rationnement dans la capitale encourage le marché noir.

Les juifs sont obligés de porter l’étoile jaune et les dénonciations commencent. La peur du voisin s’installe partout.
Paris vit les heures les plus sombres de son histoire. La ligne de démarcation coupe la France en deux, jusqu’en 1942, comme on le sait. Elle sépare le nord du sud, en passant par le centre. Ce qu’on appelle la zone libre. Le gouvernement de Vichy est né sous la présidence du Maréchal Pétain.

On ne compte plus les rafles et les regroupements d’individus dans des camps en région parisienne, la gestapo les reconnaît comme étant des ennemis à leur cause.
Les communistes et les juifs sont les premières victimes à être déportés vers des destinations inconnues. La police de Vichy redouble d’excès bien au-delà qu’espèrent les nazis.

Pierre regarde, lors de ses longs trajets à pieds sur les voies, ces wagons plombés qui partent sous un dernier coup de sifflet vers le centre de l’Europe. Il est sidéré par ce qu’il voit et entend, au point de se confier un soir à sa femme et à sa maman en ce mois de juin. Il ne comprend rien à toute cette délation qui fait tache d’encre. Le couple apprend que toute la famille Hattab, la concierge de son ancien logis et ses 5 enfants, tous en bas âges, fut embarqués pendant une froide nuit, avec quelques baluchons , dans des camions remplis de concitoyens.

Fred, le cafetier avait fermé boutique, lui aussi déporté.

La chasse aux juifs prend sa vitesse de croisière et c’est par camions entiers que la gestapo, sous l’œil vigilant et consentant des miliciens à la solde des nazis, les engouffre, avec un simple baluchon ou une vétuste valise, vers ce qu’on appellera plus tard les camps de la mort.

Personne n’y croyait mais le secret entretenu par les nazis était bien gardé.

Des groupes français de patriotes, sous l’impulsion du Général du Gaule, commencent à se former en réseau.
L’armée de l’ombre prend naissance, sous la forme de résistance à l’occupant. Elle fait son apparition dans les milieux communistes.

Les Parisiens sont sous pression.

A suivre…


Le BILLET VIII.

Un matin, alors qu’il marche aux abords d’un convoi bourré de victimes innocentes, en partance vers les camps d’extermination, Pierre aperçoit un petit billet sorti par la fente d’une porte de wagon. Il jette un rapide coup d’œil à droite et à gauche afin de ne pas être surpris par un collègue délateur ou par un soldat allemand. Il s’empare du précieux billet qu’il dépose au fond de sa gamelle. Or, il sait pertinemment d’après le règlement intérieur de la S.N.C.F que tout ramassage de messages destine à autrui, mettrait sa vie en danger. Mais Pierre, courageux et surtout méprisant envers ses ‘chleus’ comme il les appelle, ose l’impensable. Il continue son chemin discrètement comme si de rien n’était.

Il passe le contrôle des papiers à la sortie de la gare de Drancy sous l’œil de son chef de service Maturin Arnaud qui feint de le fouiller.

Il est en chemin vers sa maison quand il décide d’ouvrir ce fameux billet. Il est adresse à une jeune fille…. Par une dame du nom de Henriette, sa maman, pense t’il.

-‘…Camille, ma chérie, mon trésor,

Papa, moi et tes frères…. Partons pour un long voyage… Je veux que tu sois forte et surtout en bonne santé, ma chérie lorsque nous reviendrions, mais je ne sais pas quand.. ! Dis à tante Victoria de ne pas s’en faire …. …! Henriette…ta maman et tes frères qui t’aiment… !’

Suit une adresse en bas de page…. ‘…18 Rue des Annelets…’

Et là fini le message. Il est écrit par une main tremblante et mal assurée.

Il est surpris par cette indication qui met en danger de mort cette tante réceptionniste.

Il rentre chez lui et des images viennent le perturber.

Pierre est dégoûté par cette vision d’enfants et de parents pleurants et gesticulants qu’il croise sur les quais au hasard des gares. Il vit durant ses courtes nuits, des cauchemars. Il entend ces cris de femmes et d’enfants, ces hurlements qui l’empêchent de fermer l’œil…..

-‘…MOCHE….. ! OU EST MOCHEEEEE…. ! SARAH….SARAHHHH….. !’

A Suivre...
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MessageSujet: LE BILLET DE IX à XI.   Mer 13 Mai - 0:23



Albert SIMEONI

Paris le 8/3/2005.

Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.

Le BILLET IX.

Pierre s’allonge sur son lit tout habillé, attendant la bonne heure pour remplir cette première mission.
Il tire de son portefeuille le petit mot pour bien relire ses quelques phrases. Il ressent après chaque petite lecture, un calme absolu devant ce bout de papier manuscrit qui va lui faire découvrir sa destinatrice. Pierre a surtout l’impression de se rendre pour une fois utile à autrui, d’autant plus que les paroles de son défunt père reviennent souvent dans sa mémoire…..

-‘…Vois- tu mon fils, je ne suis peut être pas trop instruit et ce que je fais ne demande pas beaucoup de prouesse, ni d’adresse, cependant il y a une chose dans la vie que tu ne dois jamais oublier ou te dérober ; celle de rendre service à autrui sans connaître sa raison, origine, race, religion ou situation….. ! Fais le sans réfléchir… ! Tout est inscrit quelque part, les bonnes et les mauvaises actions, comme on le dit chez nous ‘ Rien ne se perd mais tout se retrouve…’ Ce n’est pas moi qui l’ai inventé mais ma maîtresse d’école… ! Pierre… ! Tu vois mon fils, ces deux lignes parallèles d’acier, là bas, qui ne se rejoignent jamais et bien si un jour tu peux les réunir alors fais le, soulève les montagnes dans certains cas sans trop y réfléchir… ! Tu comprends mon fils…… ?’

Pierre hochait la tête en signe d’approbation.

Pierre, attentif aux conseils de son sage de père, a été durant toute son adolescence et encore aujourd’hui, mu par ce sentiment de solidarité et d’amour envers son prochain.

Il s’assoupit un instant en oubliant le papier sur sa poitrine.
Adèle le lui range dans son paquet de cigarettes vide …Puis, elle laisse son mari assoupi pour aller faire quelques courses, en bas de chez elle.

Pierre, une heure plus tard, se lève, embrasse sa maman et son fils. Il descend sous la grisaille de Paris, les marches de son appartement.

Il prend le métro vers les 10 heures, pour descendre un quart d’heure plus tard, du côté de la station Ourcq.
Dehors, il relève le col de son par-dessus et trottine pendant une bonne demi-heure tout en se renseignant sur la rue des Annelets. On lui indique la rue des Solitaires. Quelques instants plus tard, il se retrouve sur la bonne voie. Il tombe pile poils sur le numéro...18…Une brasserie s’y trouve et juste à côté une porte de couleur verte. Il rentre dans le bar tabac et commande un café et un paquet de ses cigarettes favorites. Il jette l’autre par mégarde, tout en le froissant.
Il règle la note et se retrouve dehors. Il pousse la porte de l’immeuble et vérifie les noms sur la boite aux lettres, une fois à l’intérieur, mais déçu, il ne trouve pas de nom sous Victoria.
Il avise la logeuse qui ne connaît pas de pareil nom ou prénom dans l’immeuble.

Il prend son mal en patience et décide de frapper aux portes des appartements.
Il commence par le rez-de-chaussée et la réponse est la même, personne ne connaît ce prénom. Au second étage idem et il arrive enfin au troisième. Il se hasarde à taper, à la première porte du palier. Une dame, la quarantaine jette un coup d’œil par son judas. Pierre devine sa présence…

-‘…Pardon madame, je cherche une dame …. ! Une certaine Victoria… ?’
-‘…Je ne connais personne qui porte ce nom là, monsieur, la logeuse a dû vous le dire….,’
-‘…Elle me l’a dit en effet mais je tente qu’en même ma chance… !’
-‘…Voilà, est -ce tout… ?’
-‘…Je suis démoralise, je ne sais pas quoi faire… ! Il faut que je la trouve, ne pouvez pas me renseigner.. ? Je vous en prie… ?’
-‘…Puisque je vous dis que je ne connais pas cette personne comment voulez-vous que je vous aide…. ?’
-‘…Il s’agit de quelque chose d’important pour moi… !Et pour elle aussi…. !’

Elle consentit à ouvrir la porte tout en laissant la chaînette de sécurité accrochée à son écrou.

‘…Je m’appelle Pierre… ! Pierre Berthier… ! Je dois rendre un grand service à une jeune personne qui n’est sans doute plus là…! Du moins je le pense…. !’’

A suivre…

Albert SIMEONI

Paris le 8/3/2005.

Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.

Le BILLET X.

La dame consent à ouvrir la porte….

-‘…Entrez, je suis méfiante de nature… !’
-‘…Par ces temps là, je vous comprends… !’
-‘…Bon qu’est- ce qui fait, que vous cherchez cette dame avec autant de célérité… !’
-‘…Vous êtes juive… ?’
-‘…Pas du tout… ! Je m’appelle Loiseau… ! Jeannette Loiseau… !’
-‘…Je vois la trace d’une mezzouza sur la porte.. !’
-‘…Les anciens locataires l’étaient.. ! Ils ne sont plus là hélas… ! ’
-‘…Il s’agit de remettre un billet à cette dame ayant comme prénom Victoria… !’
-‘…Rien que cela… ?’
-‘…Oui, mais il est d’importance… !’
-‘…Monsieur Pierre.. . Que faites-vous dans la vie… ?’
-‘… Je suis cheminot, contrôleur des ballasts sur la voie de chemin de fer Drancy-Paris et je suis bouleversé par ce que je vois tous les jours… !’

Il s’arrête un instant, puis reprenant la parole sous l’œil de la dame..

‘….Je tiens absolument, même au péril de ma vie, à remettre un billet de la part d’une mère en partance pour les camps de la mort, à sa fille Camille… !’
-‘…Vous compatissez au sort de ces gens là… ?’
-‘…Adèle, ma femme n’a eut que du bonheur avec eux, ces deux patrons l’étaient et je me suis mit en tête une idée folle, de vouloir faire quelque chose de concret…Pour eux… !’
-‘…C’est à dire… ?’
-‘…Rentrez dans la résistance… ! Combattre avec l’armée de l’ombre comme le font certains de mes collègues… ! Et en sauvez quelque uns…. !’
-‘…En sauvez quelques-uns uns au péril de votre vie… ? Et vous le dites comme cela sans me connaître… ! Rien que cela…. ? Vous êtes un rêveur, Monsieur… ! …..Bon montrez-moi ce fameux billet qui fait que vous êtes là… ?’

Il farfouille dans son portefeuille son précieux billet mais hélas, il ne le trouve point et pour cause ; il avait jeté intentionnellement dans le bar tabac, son paquet vide de gauloises. Adèle oublia de lui dire qu’elle avait caché cette petite missive à l’intérieur.
Il remua dans tous les sens son portefeuille, vida ses poches sous le regard inquisiteur de Madame Loiseau Jeannette. Pierre est pris d’une grande gêne et angoisse.

-‘…Mais ce n’est pas possible, je l’avais encore sur moi, il y a une heure, ce billet… !’
-‘…Et que dit t’il ce billet, Monsieur Pierre… ?’
-‘…Il est adresse à une certaine Camille, comme je vous l’ai dis, de la part de Henriette… ! Je ne peux pas vous inventer cela, il doit être resté sur mon lit… ! Avez-vous un téléphone… ?’
-‘…Oui, pourquoi faire enfin… ?’
-‘…Je dois appeler ma femme pour vérifier s’il est bien sur mon lit… !’
-‘…Ecoutez, je ne connais pas de Camille, ni de Victoria..… !Vous perdez votre temps Monsieur….. !
-‘…Berthier…. ! Je vous en prie, croyez-moi Madame, je vais aller le chercher, il me faut juste une petite demi-heure, j’habite Télégraphe.. !
’…Je vais appeler la milice, si vous persistez encore dans vos dires…. !
-‘…Non, surtout pas, j’ai une femme et un enfant, ma femme est enceinte et maman vit avec nous, je vais m’en aller, soyez sans crainte, et je vous prie de m’excuser de vous avoir dérangé, je ne sais que dire… ! Madame… ! Je suis désolé…. ! Tant pis…. ! Au revoir Madame…. !’

La dame devant la sincérité de ce monsieur consent

-‘…Le téléphone est dans le salon… ! Juste une minute pas plus…. ! Et ensuite vous partez… !’ ’
-‘…Merci, je vais appeler la concierge qui appellera ma femme.. ! Soyez patiente… !’

Deux minutes plus tard, la concierge était au bout du fil…Sous la surveillance de la dame.

-‘…Madame Lebrun, dites à Adèle de venir, je veux lui parler illico presto… ! C’est urgent.. ! Merci… !’

Il attend le combiné accroché aux oreilles… Puis..

-‘…Oui… ? Allô… ?’
-‘…Adèle, écoutes moi s’il te plait, va voir sur mon lit le papier …du notaire.. !’
-‘…Ton paquet de cigarettes… ! Ben, il doit bien y en avoir encore une…. ! C’est cela…… ?’
-‘…Oui… ! Oui…. ! Merci, le bar tabac est ouvert.... !’

Il raccroche et se met à courir dans le vestibule de l’appartement de la dame.
Il a compris le message.

-‘…Je reviens.. ! Je reviens dans quelques minutes… !Madame…. ! Une bévue de ma part… !’ Dit t’il dans le palier.

Il dévale deux par deux les escaliers de l’immeuble pour se retrouver dans la rue. Il rentre à nouveau dans le bistro. Et là, il voit deux miliciens debout sirotant leur café. Il s’arrête un instant devant le comptoir, tout essoufflé..…

A suivre…

Albert SIMEONI

Paris le 8/3/2005.

Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.

Le BILLET XI.

L’un des miliciens..

-‘…Vous avez couru les cent mètres ou vous avez vu le diable… ?’
-‘…Le diable n’est rien, nous en voyons bien plus.. !’

Pierre, tout essouffle, lorgne sur son paquet de clopes, tout froissé. Malheureusement, il y a avait trois de paquets chiffonnés, éparpilles à deux longueurs d’orteils d’entre les chaussures diplomates des deux collabos. Il ne fait rien paraître.

-‘…Que voulez vous insinuer, Monsieur.. ?’ Lui dit l’un des miliciens en le toisant.

Le bar-man lui fait signe de ne pas répondre…Il s’avance vers lui..

-‘…Je vous sers… !’
-‘…Un café, j’ai si sommeil.. !’

-‘…Nous devrions t’embarquer, mais comme nous ne sommes pas de mauvaise humeur ce matin, on te laisse pour cette fois ci, mais faites gaffe à l’avenir.... !’

Il prend sa tasse de café en main et vise une table au fond dans la salle.
Il est très préoccupé par sa bévue. Nerveux. Il lorgne sans trop insister sur ces trois paquets dont l’un contient son précieux document. Le motif de sa mission. Sans ce papier, cette preuve, Camille ne pourra jamais le croire encore moins Madame Loiseau. Sa future mission se trouverait complètement anéantie. Pourtant elle se trouve à quelques mètres de lui et à proximité des chaussures de ces collabos, ces traîtres qui sirotent leur liquide noir comme leur âme, avec désinvolture. Il ne peut se permettre aucune ruse sans attirer les soupçons de ses deux miliciens. Il s’inquiète aussi de ce que penserait cette dame s’il ne revient pas plutôt que prévu avec ce morceau de papier quadrillé, écrit par des mains tremblantes qui n’auront certainement plus l’occasion d’en écrire d’autres.

Il s’angoisse à l’idée de ne pas pouvoir établir sa bonne foi si ce papier vient à disparaître pour pouvoir démontrer ainsi qu’il n’était pas un ‘farceur’ en mal de plaisanterie au regard de cette bonne dame, qui attend depuis un quart d’heure. Il s’en veut intérieurement de voir ce message si important d’une mère envers sa petite fille, foulé, sans aucun respect pour son auteur et sa réceptionniste.

Un message d’amour destine, de la part de toute cette famille en partance vers la mort, à leur enfant qui attend d’être sauvé quelque part. Un dernier petit courrier d’espoir.

Il sent une oppression sur sa poitrine toutes les fois qu’il voit ces pieds de miliciens se croiser, se recroiser sans arrêt et qui viennent, sans vergogne, écraser ces quelques lignes tracées sur du blanc à carreaux.

Il ressent chaque geste de ses troublions en habit noir comme des épingles qui lui percent la chair. Que peut t’il faire, sinon ruminer et refouler sa colère … ! Se lever pour relever ces trois paquets chiffonnés sans attirer leur attention… ? Dans ce cas, adieu sa liberté et celle de toute sa famille. Il ingurgite une petite gorgée de café froid et amer en attendant la suite des évènements. Il sue sur place. Il ôte son veston et rallume une clope. Comme si la situation n’était pas déjà exaspérante, paradoxalement éprouvante pour Pierre, voilà que le bar-man fait le tour de son comptoir, un balai à la main pour nettoyer son carrelage et débarrasser ainsi mégots, crachats visqueux, allumettes et bien sur paquets de cigarettes. Pour jeter le tout, une fois réunit, dans la grande poubelle y compris le sentiment d’amour écrit sur un billet. Un sentiment noble va donc, pense Pierre, sans être sauvé dans l’immédiat, côtoyer tous les détritus de gras et de mauvaises odeurs… ! Sans qu’il puisse intervenir…. ?

Il sent comme des frissons secouer ses pieds. Pierre sent son sang se glacer…Il passe du froid au chaud sans qu’il puisse contrôler son thermostat intérieur.….Il n’en croit pas ses yeux. Il voit cette scène horrible, hallucinante, ce cafetier gesticuler qui commence par balayer le bord droit du comptoir, tout en avançant avec sa ‘grosse touffe de balai’, vers le centre de la salle : il voit l’impensable. Il pense à l’impensable. Les trois paquets vides réunis avec les autres déchets de toutes sortes. Le bar- man continue son travail sous le regard des miliciens et de Pierre ; sans se préoccuper outre mesure de ce qu’il faisait : un simple geste répète quatre fois dans la journée. Quoi de plus naturel que de relever un tas, hétéroclites d’ordures amoncelées, de poubelle prête à être ramassée par une pelle en fer, tenue par une main ignorante et qui ira rejoindre sous peu, l’obscurité de la cave pour grossir d’autres déchets infectes.
Pierre en une fraction de seconde réalise ce qui va se passer.
Une idée germe dans sa tête.
Il se lève délicatement….Puis…Avec assurance..

‘…Monsieur, je voudrais tout d’abord m’excuser pour tout à l’heure et ensuite, si vous ne trouvez pas à redire, vous payer vos cafés… !’

Le ‘balayeur bar- man’ arrête sur place, ses gestes ‘assassins’.

Le même milicien….

‘…Ah… ! Vous voilà enfin, revenu à de meilleurs sentiments, bon puisque vous nous le demandez si gentiment, on accepte votre offre et d’ailleurs nous allons lever le pied, la journée s’annonce dure, pour nous… !’

Le bar-man refait le tour du comptoir, abandonnant pour un moment son balayage alors que Pierre met sa main à la poche…
Il prend la note et règle l’addition tandis que les deux corbeaux enfoncent leur chapeau dans la tête. Ils saluent par la suite le patron tandis que Pierre, une fois ces oiseaux de malheur sortis, se baisse, avec calme et gestes mesurés, pour ramasser les trois paquets vides et froissés de clopes…Sous le regard étonné du patron bar-man….. !’

-‘…Vous l’avez échappé belle, mais qu’est- ce qui vous a pris de parler ainsi… ? Tout à l’heure….. ?’
-‘…Juste une gaffe… !’
-‘…Ils vous sont précieux ces paquets vides de cigarettes… ?’
-‘…Oui….. ! Bon gardez la monnaie…. !’

Il sort tout en vérifiant leur contenu...Il est là son billet qu’il fourre précieusement dans sa poche en se débarrassant des deux autres devenus inutiles…

-‘…D ieu merci… !’

Il reprend le chemin inverse et se représente devant Madame Jeannette LOISEAU.

-‘…Pardon madame, de vous avoir fait attendre, un incident malheureux m’a obligé à être en retard, voilà de quoi il s’agit… !’ Il lui remet le petit mot.
-‘…Comment avez-vous eu cela… ?’
-‘…Je suis contrôleur des ballasts, je vous l’ai dis, et j’ai vu ce bout de papier accroché à l’interstice d’une porte de wagons à bestiaux… !’
-‘…Je suis Victoria…. !’

Pierre oublie sa mésaventure sur-le-champ ; il veut serrer la dame dans ses bras mais se ravise par respect..

-‘….Je .. ! Je … ! Je suis … ! Je ne sais que dire… !’

La dame aperçoit le trouble de ce monsieur, au beau visage carré et régulier, coiffé à la coupe à la brosse, qui baissa les yeux devant elle.
Elle continue…

A suivre…

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breitou

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MessageSujet: LE BILLET DE XII à XV.   Mer 13 Mai - 0:27



Albert SIMEONI

Paris le 8/3/2005.

Le BILLET XII

-‘…Camille est leur fille, et ce fameux jour, elle était chez moi, nous sommes voisins et nos enfants jouent souvent ensemble. Les Lévy habitaient juste en face de nous, dans le palier. Camille était là quand ils sont arrivés, alors je l’ai gardé sachant pertinemment où les nazis allaient les emmener…. ! Ils sont tous en sécurité, de l’autre coté de la ligne de démarcation, dans un grand prieuré, du côté des Alpes, nous avons pu lui établir un certificat de baptême… Au nom de Camille Loiseau… ! Notre nom de famille.. !’
-‘… D ieu merci….D ieu merci…. ! Et votre mari … ?’
-‘…Il est avec les enfants ( en réalité son mari était en mission à Londres ) je suis restée seule ici pour ne pas que l’on réquisitionne mon appartement… !’
-‘…Il est bien grand et surtout bien agencé… !’
-‘…Un héritage de mon défunt père… !’
-‘…C’est lui, là sur la photo, en habit militaire.. ?’
-‘…Oui, la guerre 14/18, il n’en est pas revenu… !’
-‘…Autant pour moi… !’

Le téléphone sonne…

-‘…Un instant s’il vous plait… !’

Elle lève le combiné et ne dit mot sauf qu’elle termine par un ‘…Ben, j’irai chercher les oranges, ce matin….. !’ …Des amis… ! Dit t’elle à Pierre.
‘…Comment allez-vous lui faire porter le message… ?’
-‘…Je vais m’en charger … !’
-‘…Je préfère le lui remettre personnellement… !’
-‘…C’est bien trop compliqué mais si vous voulez vous rendre utile, je peux en toute discrétion en parler à qui de droit… !’
-‘…Je le veux… !’
-‘…Vous dites travailler comme contrôleur des ballasts, et vous devez connaître alors les fréquences des trains en partance vers la frontière allemande… ?’
-‘…Oui, tous les trains, même les horaires et ce qu’ils emportent… !’
-‘…Bien, je vous demande de ne plus revenir jamais ici…. ! Avez -vous compris au moins en quoi cela vous engage… ?’
-‘…Oui, loyauté et fidélité envers notre patrie… ! J’en fais le serment sur notre bible… !’ ’
-‘…Bien, je ne vous retiens plus… ! Je dois partir ce soir… !…Vous êtes bien sur Monsieur Pierre… ! N’est ce pas… ?’
-‘…Oui absolument, j’en suis conscient... !’
-‘..Le prieuré de ST Jacques le Majeur est un grand domaine, un monastère de retraite pour des frères franciscains…Pas très loin de la frontière helvète..! Elle est très surveillée par les suisses et ces derniers sont réticents à recevoir nos enfants, les juifs en particulier. Ils craignent Hitler…. ! Ah, tenez, elle a oublie ceci…Sa poupée Cécile vous le lui donnerez, cela lui fera certainement plaisir… !’

Il prend le jouet qu’il enveloppe dans un papier journal puis il serre la main de madame ‘Victoria’.
Il prend congé le cœur rasséréné. Au cours de route, il répéta machinalement ‘..CAMILLE DE ST JACQUES....’ Il avait enfin une mission, une vraie mission qui pourrait lui coûter sa vie et celle des siens… Il se sent malgré tout fier et surtout fier de son père qui lui inculqua le courage devant l’adversité.

Il ne perd pas de temps, et alla dare-dare rencontrer son chef de service Monsieur Arnaud.
Pour sa seconde mission.

A suivre…

Albert SIMEONI

Paris le 8/3/2005.

Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.

Le BILLET XIII.

-‘…Bonjour Arnaud… !’
-‘…Bon pour tes protèges, ils vont partir prochainement vers une destination inconnue…. ! Les Allemands les rassemblent dans un état déplorable au VEL’D’HIV.. !’
-‘…Quand vont-ils partir…. ?’
-‘…Dés que la ligne 8 sera réparée… ! Il y a eut un sabotage ce matin…. ! A 45 kms d’ici sur la voie 29…. ! Tiens la tienne… ! Tu étais où ce matin au fait…. ?’
-‘…Là bas à démonter les rails… !’
-‘…Fais pas le couillon… ! Ok.. ? Les Allemands pourraient t’interroger mais comme d’habitude, ils me font confiance, je leur ai dis que tu étais en congé, chez toi… !’
-‘…Bon, les gars comptent la réparer quand… ?’
-‘…Les boshs ont mis trois équipes …. !Au plus tard après demain, si tout va bien, il va y avoir des dégâts chez nous, tu vas voir … !’
-‘…Je veux les racheter…. ?’
-‘…Comment… ? Je n'ai pas compris… ? Pierre… ? Racheter quoi…. ?’
-‘…Tu as très bien compris…. ! Arnaud…. !’
-‘…Tu es fou… ! Donnes moi le fric d’abord… !’
-‘…Tiens de la part du fou, ton fric… !’
-‘…A supposer qu’ils sortent, comment comptes-tu procéder pour le reste.. ? Tu n’as aucune infrastructure… ? Il te faut des faux papiers, une somme appréciable pour le prix de leur liberté, mais tu ne sais pas ce que c’est Pierre… ?’
-‘…Tu m’aideras…. !’
-‘…Nous sommes tous dans la mélasse… !’
-‘…Arnaud…. ? Regarde-moi bien dans les yeux et dis-moi que tu ne veux pas m’aider… ?’

Arnaud baisse les yeux..

-‘…Pierre mon ami, nous passons des moments très difficiles et je ne sais pas où tout cela va nous mener… ! Tu me demandes l’impossible… !
-‘…Non, je compte sur toi pour que tout se passe bien.. !..Bon parlons autre chose, de ton défunt papa…. ! Tu n’as pas oublie le jour où il était à l’hosto, ses poumons et qu’il n’avait pas de quoi payer à cette époque… ?’
-‘…C’est de l’histoire ancienne, du passe… !’
-‘…Arnaud, personne ne t’a rien demandé à cette époque… ? Il avait dit devant ta maman, ‘Tant que j’aurai un souffle de vie, j’aiderai mon prochain…’ Ta maman pourra te le répéter… ! Arnaud… !’
-‘…Tu me gênes Pierre.. !’
-‘…Et tous ces juifs qui partent à la mort, ne te gênent pas Arnaud, toi qui commande les aiguillages comme un ‘ouitiste’… ! Avec zèle… ? Quand le vent de la liberté soufflera… ! Que vas-tu dire à tes enfants quand ils te poseront la question ‘…Papa…. ! As-tu sauvé du juif….. Toiiii… ?’

Arnaud écoute en baissant les yeux à terre..

-‘…Pendant que tu y es, essuie leurs les bottes avec ton regard… !’

A ce moment là, rentre le Field Maréchal, Von Lietz… !

A Suivre…

Albert SIMEONI

Paris le 8/3/2005.

Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.

Le BILLET XIV.

-‘…Heil Hitler… ! Bonjour Arnaud, alors où en sommes nous, la Kommandantur vient de me prévenir qu’il va y avoir des punitions parmi vos collègues, elle pense que certains parmi vous sont de mèches avec les maquisards...!’
-‘ …Nous attendons la grue, elle arrive dans deux heures… ! Spécialement pour réparer.. !’
-‘…Bien… !’
-‘…Je vous présente Pierre, le surveillant des ballasts… ! Il reprend son travail aujourd’hui pour les aider dans leurs taches… !’
-‘…Enchanté Monsieur Pierre… ! Bien, la Reichfuhrer a besoin d’hommes comme vous, dévoués .. Au ReicHHHH…..! Pour notre noble cause…Monsieur Pierre… ! Il faut en finir au plus vite avec cette racaille bonne cuire… !’

Pierre et Arnaud écoutent sans rien dire…

-‘…Bon, je vous laisse, demain les trains doivent repartir, si vous avez des problèmes d’intendance faites-le moi savoir… !’
-‘…Je pense qu’après demain tout sera réparé.. ! Field Maréchal.. ! ’

Le gradé sort en tournant ses pas et en saluant Hitler..

-‘…C’est lui ton chef… ?…Tu lui demanderas combien pour la famille Leïbovici.. !’
-‘…Une fortune… !’
-‘…Je m’en tape… ! Tu lui parleras ce soir… !’
-‘…Ecoute, demain je verrais plus clair.. !’
-‘…Je compte sur vous Chef… !Tu me donneras la réponse demain matin… !’
-‘…Une fois, la famille libérée que comptes -tu en faire… ?’
-‘…Je leur ferai passer la frontière … !’
-‘…Les faux papiers...? Qui va te les fournir. ?’
-‘…Toi, tout sera compris dans le prix… !’
-‘… Je risque ma vie… !’
-‘…Tu ne risques rien, lorsqu’on est résistant, on court tous les risques et surtout, n’oublie pas que tu sauveras l’humanité tout entière sans que tu le fasses gratuitement… ! Chef… !’

Pierre relate les évènements du matin à sa femme. Elle est subjuguée par le sans gêne de son mari et à sa manière peu cavalière d’intervenir. Elle ignore ce tempérament frondeur de son époux qui frise l’héroïsme. Elle s’approche de lui et lui prend la main qu’elle porte à son ventre…

-‘…Pierre… ! Touche, il remue notre second… !’
-‘…Je souhaite et j’espère qu’il sera l’enfant de la liberté… !’
-‘…Il le sera par la volonté de D ieu… ! Je voudrais surtout qu’il ou qu’elle te ressemble… ! J’admire ton courage et tes démarches ….Au cas où il te demanderait une forte somme d’argent, je demanderai à mes parents de nous aider… !’

Aurèlie…La maman.

-‘…Je veux, si vous ne trouvez aucun inconvénient, contribuer pour une partie de la rançon… ! Ils ont été si braves avec vous, Adèle… !’

Pierre et Adèle restent sans voix…
Adèle s’approche de sa belle maman..

-‘…Pour le moment, nous ne savons rien, attendons ce qu’il va nous demander et puis nous verrons, nous prendrons nos dispositions… !’

Pierre est rassuré. Il espère que son chef lui apprendra la bonne nouvelle dans un court terme. A moins d’un imprévu majeur.

Au petit jour, il se lève sans faire de bruit, jette un coup d’œil à sa montre. Il est 6 heures du matin. Il se presse pour s’habiller. Il ne déjeune pas. Adèle est réveillée..

-‘…Si tu as quelque chose, téléphone chez Madame Lebrun… ! Je pressens une bonne nouvelle Pierre.. !’
-‘…Je prie de tout mon cœur pour eux… !’
-‘…Que D ieu t’accompagne… !’
-‘…Il le fera au moins pour Elie et sa famille… ! Je te dirais ‘…Une hirondelle fait le printemps… !’
-‘…Bien, je m’en souviendrais… !’

Il prend en cours de route un croissant chaud au beurre et s’engouffre dans le Métro. Adèle quelques minutes après le départ de son mari se lève, et prend son fils Edouard qui se met à gémir. Elle lui donne son biberon et le berce tout contre elle.

A 17 heures, Pierre, à la fin de son service, se rend, piaffant d’impatience, au bureau de son chef…

Arnaud est assis derrière celui là…

-‘…Il demande 1500 frs…. ! Presque une fortune… !’
-‘…Pour quand… ?
-‘…Pour dans trois jours, il a déjà donné des instructions pour les parquer quelques temps au camp… !’
-‘…En réservation, comme du bétail qu’on sauve de l’abattoir… ! N’est ce pas Arnaud.. ?’
-‘…Oui si tu le penses comme cela… !Je n’ai plus d’état d’âme Pierre… !’
-‘…Tu n’as plus d’âme du tout… ! Tu veux dire….. ! Normal à force de voir, on s’y habitue.. !’
-‘…Bon, peux-tu les avoir… ?’
-‘…Après demain matin ici, tu les auras, sans faute.. !’
-‘…Tu auras des instructions… ! Où vas-tu les loger… ?’
-‘…Chez moi, il y a plus de cinq chaises vides et autant de lits… ! Nous dormirons par terre ma femme, maman, le bébé et moi….Durant tout leur séjour… !’
-‘…Bon, je vois que tu es très motivé par cette mission en vérité… !’
-‘…A défaut de combattre, autant sauvez des vies… !’
-‘…L’Opération s’appellera ‘…BALTAZAR…. ! Une fois sortit du camp, ils seront embarqués dans une voiture, une estafette, qui les déposera à la gare du nord, sur les marches…. ! A 6 heures piles du matin… ! Tu ne bougeras pas tant que tu ne les vois pas … ! Tu seras prévenu par un de nos gars la veille pour confirmation… ! Puis tu remettras une partie du fric dans une enveloppe cachetée… ! Au chauffeur…. ! Dés qu’ils seront en sécurité chez toi, tu compléteras le reste… ! ’
-‘…Ok… ! J’ai pris note. Je serai absent durant trois jours, la semaine prochaine, j’ai le mariage d’une cousine à Marseille, je serai là samedi prochain en 18 mars… ……. !’


A suivre….



Albert SIMEONI

Paris le 8/3/2005.

Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.

Le BILLET XV.

Il sort du bureau de son chef, et sans plus attendre, rentre dans une brasserie …

-‘…Adèle… ! Une hirondelle fait le printemps… !’
-‘…Le printemps est en avance cette saison… !’

Il est tout heureux et fier de ce qu’il vient d’accomplir.
Toute la famille partage sa joie, dés qu’il ferme la porte de son chez soi.

-‘…Adèle… ! 1500 frs, nous ne les avons pas … !’
-‘…J’ai quelques économies, environ 350 frs… ! Plus mes bijoux que tu vendras.. ! Ils ont de la valeur… ! Je vais aussi téléphoner à mes parents… !’
-‘…Il veut la rançon pour dans deux jours … !’
-‘…Ecoutez mes enfants, au risque de vous déplaire… ! Pierre …. ! Prends l’escabeau, et monte voir le dessus de mon armoire, il y a une cassette, descend là moi s’il te plait… !’ Risqua Aurèlie, la maman.

Pierre obéit…
La vieille, les mains tremblantes, ouvre le petit coffre couvert de tissu mauve devant ses enfants…

‘…Voici ma caverne d’Ali Baba, il y a ici, bien plus que 3000 frs, je n’ai plus besoin de toutes ces vieilleries, je ne les porte plus depuis la mort de ton cher papa. Il y a trois bagues dont une sertie d’un joli diamant, son cadeau de mariage, trois colliers en or, deux bracelets et ces six boucles d’oreilles à l’ancienne, ciselées par un maître joaillier juif, fort connu, prenez les vendez les, tu iras voir Alphonse Pingeon, le receleur, celui du bout de la rue, il t’en donnera un bon prix : il est malgré tout honnête et il m’a souvent aidée quand j’étais dans le besoin. Il est aussi un peu prêteur à gages mais pas à n’importe quel taux… !’
-‘…Mais maman, tu ne peux pas te débarrasser de tes souvenirs comme cela… ! Tes bijoux de famille… !’
-‘…Faites comme je vous le dis… ! Je n’ai plus besoin de ces babioles… ! Je ne vais pas les emporter avec moi dans la tombe, il paraît que les gens d’en haut n’en portent pas alors je ne vais pas faire exception… ! Qu’ils servent à quelque chose bon D ieu… !’

Le couple se tient en retrait réfléchissant un instant sur la décision d’Aurélie…Puis Adèle..

-‘…Belle maman….. ! Je pense que la bague en diamant et les deux colliers suffiront… !’
-‘…Dans ce cas, prenez ce qu’il faut, et laissez le reste… !’
-‘…Il y a autre chose aussi que je veux vous annoncer, je dois partir à la recherche de CAMILLE… ! Elle est dans un prieuré dans les Alpes, pas loin de la frontière Suisse, il faut que je la voie afin de lui remettre le billet de sa maman… ! Cela va me prendre un certain temps, je voyagerai seul… !’

Pierre se présente comme le lui avait dit sa maman la veille, chez ce monsieur Pingeon.

-‘…Bonjour, Monsieur Pingeon… !Je viens de la part de ma maman Aurèlie… !’
-‘…Comment va votre charmante mère monsieur… !’
-‘…Pierre… !’
-‘…Pierre, cela fait bien longtemps que je ne l’ai vue… ! Se porte elle bien… ?’
-‘…Oui, très bien… ! Elle souhaite vendre ces quelques bijoux que voilà… !’
-‘…Attendez, rentrons dans mon arrière boutique… !’

M. Alphonse ferme la porte à clef et baisse le vasistas.

-‘…Voyons voir… ! Vous voulez les vendre ou les mettre en gages… ?’
-‘…Les mettre en gages, plutôt… !’

¨Pierre revient sur sa décision…

A suivre…



A suivre…
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breitou

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MessageSujet: LE BILLET XVI.   Sam 24 Oct - 23:12

Tous les évènements narrés
dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.

Le BILLET XVI.


-‘…Le taux d’intérêt est de 3 % pour chaque trimestre écoulé, Monsieur Berthier.. !’

-‘…Cela n’a pas d’importance ! Je vous reprendrai mes affaires bien avant que la guerre ne se termine … !’

( NDLR/ Mais malheureusement,
Pierre ne retrouvera son dû que trois mois après la fin de la guerre. )


-‘…Souhaitons-le….. ! Les nouvelles ne sont pas bonnes pour lesAllemands, ils essuient des revers de partout et l’on dit que les Russes vont envahir la Pologne.. !’


-‘…L’heure de notre liberté approche Monsieur Pigeon… !’


-‘….Que D ieu vous entende…. ! Bon, ces bijoux sont de bonne facture, ils valent au moins 1200 frs, est-ce raisonnable… Cela vous convient t’il….?’

-‘…1500 Frs…. !’.

-‘…Bon, j’estime votre maman… ! J’accepte votre offre…. !’


-‘…Je vous fais confiance… !’


-‘…Bon, parfait. Votre première échéance sera pour le 30 septembre… ! 11 frs…25 centimes !
Je suis très pointilleux sur les délais, votre maman le sait… !’


-‘…Quand aurais-je l’argent… ! S’il vous plait…?’


-‘…Mais là tout de suite… !’

M. Alphonse se dérobe un instant. Pierre entend une petite porte grincer, sans doute un coffre fort….Puis, il voit
apparaître le receleur avec les billets dans la main…

-‘…Voilà, comptez-les… !’

-‘…Je vous fais confiance, merci pour tout… !’


-‘…Le plaisir est pour moi…. ! Faites en bon usage surtout… !’


-‘…C’est pour une bonne cause … !’


-‘… Au revoir, Monsieur Pierre, que du bien pour votre chère maman.. !’


-‘…Merci… !’


Pierre est fou de joie. Il enfouit son trésor dans la poche et rentre chez lui..


Il annonce la bonne nouvelle à ses proches.


Adèle et Aurèlie sont aux anges.


Sans perdre de temps, il prend le métro pour aller à la rencontre de son chef afin de lui annoncer que l’argent était réuni..


-‘…Il me demande 200 Frs de plus… ! Pierre… !’


-‘…Dis-lui que c’est 1500 frs ou rien… !’


-‘…Bon.. ! Bon ne t’emballes pas, je vais encore discuter avec lui mais je ne te promets rien, tu
sais comment ils sont en ce moment, très nerveux…Ca n’a pas l’air d’aller pour eux.. !’


-‘…Tu n’as rien à promettre tu lui donneras cela… !… Je retourne chez moi et j’attends la réponse de
ton sbire… !’


-‘…Après demain exceptionnellement tu seras sur les traverses, c’est important… !’


-‘…J’y serais…. !’


Trois jours plus tard, comme le souhaitait son chef de service, Pierre est sur les traverses, debout…Une
locomotive s’arrête à sa hauteur. Un homme, vêtu d’une combinaison de couleur anthracite , met pied sur les cailloux noircis de crasse de la voie et s’approche de lui…


-‘…Pierre Berthier.. ?’


-‘…Lui-même… ! Vous êtes… !’


-’…Personne… ! …Opération
… ?’


-‘…Balthazar….!’


-‘…Elle se termine, si tout se passe bien, demain matin à l’heure indiquée…A la gare du nord, prenez vos précautions, les ‘fritz ‘sont nerveux en ce moment…! Vous ne reconnaîtrez pas la famille sur-le-champ, ils ont beaucoup changes… !’


-‘…Tant qu’ils sont vivants, pour le reste je m’en charge… !’


-‘ Au revoir Monsieur.. !’


L’homme remonte dans sa locomotive.


Une heure plus tard, l’information entre les mains, il prend un taxi qui le dépose chez lui…



-‘…Nous y sommes.. ! Ils seront libères jeudi matin à 6 heures pile poils à la gare du nord… ! Il
nous faut deux voitures... !’


-‘…Nous prendrons deux taxis… ! C’est plus convenable… ! Nous ne connaissons personne avec
des voitures ici... ! ‘ Dit Adèle.


-‘…Je n’y avais pas pensé… !’


-‘…Et ensuite Pierre… !’


-‘…D ieu y pourvoira…. !Nous les logerons pour la journée et la nuit, le temps qu’ils reprennent des forces... !’





A suivre…[/b]
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MessageSujet: LE BILLET XVII XVIII. XIV. XX.   Jeu 29 Oct - 21:01

Le BILLET XVII.


Jeudi matin comme convenu à 5 heures, piaffant d’impatience, Pierre et Adèle sont sur pieds. La nuit leur avait parue longue tant le trac les prenait à la gorge.

Ils descendent les marches de leur immeuble, bien avant l’heure.
Adèle est au sixième mois. C’était le premier jour du printemps.
Ils laissent un petit mot à Aurèlie qui dort.

Pierre et Adèle arrivent sur les lieux vers les 5 heures 30, soit une bonne demie- heure plut tôt bien avant la prise en charge de lafamille Elie. 30 minutes plus tard, une estafette, montre son bout decarlingue avant, à l’heure précise. Elle s’arrête devant eux. Lechauffeur descend de la voiture et ouvre la portière arrière. La première à descendre est Olga, la femme de Monsieur Elie, puisJonathan, Rachel et Yoshua, Monsieur Elie pose enfin pied les pavés gris. La famille est enfin là, au complet, réunie, sous les yeux émerveillés de la famille Berthier.


Pierre s’avance le premier et serre la main du religieux. Adèle s’empresse d’embrasser Olga et les enfants…

-‘…Je suis bouleversée, Monsieur Elie… !’ Dit Adèle envers son ancien patron.
-‘…Ne restons pas là, je vais héler deux taxis… !’ Ajoute Pierre.


Monsieur Elie est complètement rasé; il ne porte pas de chapeau et encore moins de tsissiths autour de la taille. Il tient cependant ses deux valises. Jonathan a perdu ses boucles, ainsi que Yoshua Madame Olga ne porte ni perruque ni foulard. Les enfants et eux même sont très amaigris.

Ils sont vêtus des même vêtements que le jour de leur rafle. Deux véhicules sont commandés par Pierre.

-‘…Montez ne perdons pas de temps.. !’

Ils s’engouffrent sans dire un mot.

Arrivée à destination, toute la smala se retrouve dès 7 heures 30 autour de la table. Aurèlie avait pris ses précautions depuis la veille en prévision de leur arrivée.

-‘…D ieu soit loué…D ieu soit loué… !’ Dit Aurèlie tout émue.
-‘…Ne pleurez surtout pas Aurèlie… ! Je ne sais que dire, ma famille et moi-même vous remercient pour ce que vous faites.. !’
-‘…Une mitsvah.. !’ Répond Adèle.
-‘…Bon, les enfants, mettez-vous à table… !Les croissants sontencore chauds et mangez à volonté… !’ Lance Aurèlie envers les gosses, après la douche.

Les enfants regardent un instant leur père. Ils se posent laquestion de savoir s’ils doivent manger ou pas, ces brioches qui ne
sont pas Casher. M. Elie, leur fait un signe d’approbation de la tête.

Aurèlie et Adèle comprennent l’interrogation des jeunes enfants.

-‘…Laissez les faire, je vous en prie, l’heure n’est pas auxreproches.. ! La situation du moment exige une certaine souplesse dans le rite. Et puis, je les ai faites selon votre coutume, Madame Olga, tout a été purifié depuis hier soir en prévision de votre arrivée…. !

Adèle a eu la gentillesse de me dire comment faire.. !’



Les enfants ne se font pas prier. Monsieur Elie, sans perdre de temps, après ses ablutions et sa douche, ouvre sa valise et retire ses phylactères et ses livres de prières. Il vise un endroit isolé que lui indique Adèle. Une chambre spécialement aménagée pour eux et les enfants. Olga prend place auprès de ses enfants, tandis que Monsieur Elie prie.
Les enfants dévorent leurs brioches, faites mains par Aurèlie qui en rajoute d’autres et du lait bien chaud sur la table. Olga leur reproche leur gourmandise..

Quelques minutes plus tard, on frappe à la porte. Un homme se présente devant Pierre. L’inconnu lui remet une enveloppe tandis que Pierre, lui refile le reste la rançon.

Pas un seul mot n’est échangé. L’homme repart comme si de rien n’était. Pierre referme la porte et s’empresse d’ouvrir le grand pli.

Il trouve des documents établis au nom de Monsieur Jean-Marie, Marjorie et les enfants Robert, Lise et Marianne Pelletier imprimés sur des saufs conduits frappés de l’aigle du reich. Tout semble vrai. Un autre petite enveloppe est insérée à l’intérieur de la grande enveloppeN blanche, les instructions à venir.

’…Vendredi… ! Départ de chez vous pour la suite de l’opération.. 6 heures du matin… ! Brûlez ce dernier message.…!’

-‘…Adèle, nous avons les papiers… ! Hourra.. ! En plus, nous avons gagné une prime, ils vont venir nous prendre demain pour leur destination finale… !’
-‘…Ne cries pas si fort, on pourrait t'entendre et puis tu gênes M. Elie … ! Répond Adèle.
-‘…Ne vous préoccupez pas pour lui, quand il prie, il n’entend personne.. !’ Réplique Olga.
-‘…Bon va falloir que vous appreniez vos nouvelles identités en cas de contrôle en chemin, il ne nous reste pas beaucoup de temps.. !’ Rétorque prévenant Pierre.



A suivre…


Le BILLET XIX




Elle ouvre puis échange quelques paroles avec l’inconnu sur le palier, venu prendre sa cargaison de juifs. Adèle avec calme et surtout motivée trouve un bon prétexte pour sortir de cette mini crise.

Quelques minutes plus tard..

-‘…Voilà tout est arrangé, il reviendra dimanche.. !’
-‘…Comment as-tu fais… ?’
-‘…Presque rien, je l’ai soudoyé… ! Je lui ai fait comprendre que la résistance saura le récompenser plus tard… ! Aussi simple que cela… !’
-‘…Toi alors, quelle fine négociatrice tu es… !’
-‘….Bon tout est parfait… !’
-‘…Notre heure a été repoussée par la grâce de D ieu… !’ Dit Elie tout confus.
-‘…Nous sommes de tout cœur avec vous… !’ Ajoute Adèle, heureuse par sa démarche.


Toute la maisonnée une heure plus tard est debout.

Les enfants sont les premiers servis sous l’œil vigilant de Olga. Puis c’est le tour des adultes.
Pierre, pendant le déjeuner….

‘…Je dois voyager aussi avec vous M. Elie. Je descendrais avant vous. Vous continuerez le reste du trajet avec des accompagnateurs de confiance. Je dois remettre un billet à une petite fille juive du nom de Camille Loiseau mais en réalité elle s’appelle Lévi… hébergée dans un prieuré pas loin de la frontière suisse….. ! Quand vous serez de l’autre côté de la frontière suisse, on vous reprendra en charge… ! Ne vous inquiétez pas tout est arrangé… ! Ma mission sera terminée en ce
qui vous concerne.. !’

Monsieur Elie s’arrête un instant de manger…Essuie ses lèvres…

-‘…Vous dites que la jeune fille se nomme Camille… ! Camille Lévi… ? Par hasard, sa maman ne s’appellerait t’elle pas Henriette… ? Henriette Lévi… ?’

Pierre fut surprit par la question du religieux..

-‘…Vous connaissez cette dame… ?’
-‘…Adèle, je ne sais que dire, Henriette avait travaillé huit ans durant, chez moi et elle fut obligée de me quitter pour raison de
santé…. !D’ailleurs, je n’ai pas pu la joindre pour l’avertir de ce qui se tramait tout comme d’ailleurs je n’ai pas voulu fuir avant d’avertir nos autres concitoyens…Hélas….’ Répondit M. Elie.
-‘…Mon D ieu… ! Quelle étrange coïncidence… ! M. Pierre… !...La
famille Lévy habitait du côté de Ourcq, si mes souvenirs sont bons.. !’
-‘….Rue des Annelets… ! Plus exactement… !’ Dit Pierre.
-‘…Mais comment êtes vous tombés dessus Monsieur Pierre… ?’
-‘…Par ceci…. ! Un simple message qui se trouvait dans un interstice de wagon.. ! Lisez-le.. !’

Monsieur Elie, prit connaissance du billet…

-‘…Achem… ! Sa famille est déportée… ! Elle est sûrement dans un camp de la mort ou morte peut être à présent… !’
-‘…Sans doute.. !’ Ajoute Adèle, toute bouleversée…

Aurèlie se lève.

‘….Je vais aller faire quelques courses, juste en bas et je serai de retour dans une heure.. !’
‘…Monsieur Pierre, vous ne pouvez pas vous imaginer les frissons qui me parcourent à l’annonce de cette nouvelle… !’
-‘…Je compatis… !’

Le déjeuner prend fin.

Monsieur Elie, regagne sa chambre et ouvre son livre de prière pour psalmodier.Pierre décide d’aller faire un petit tour dans le quartier, histoire de savourer ‘ces premières démarches’. Il croise en cours de route, Aurèlie tenant un panier dans ses mains…

-‘…Je vous réserve une surprise pour ce soir, ils seront bien heureux.. !’

Et sans dévoiler son plan, elle se hâte de continuer à faire son marché. Pierre continue sa route et rentre dans une brasserie.

Une heure plus tard, Aurèlie fait part de son projet à Adèle et à Olga.

-‘…Je ne vous demande pas grand chose Olga, si vous y consentez bien sur, voilà, je veux que vous purifiez la vaisselle, par vos soins et que vous nous cuisiniez un Shabbat selon votre rite, j’ai tout apporté sauf la viande mais du poisson par contre, de la farine et surtout ceci, une bouteille de vin Cacher que j’ai pu dénicher chez un ami, vendeur de boisson… !’

Olga n’en revient pas. Sans hésiter, elle étreint la bonne Aurèlie dans ses bras tout en la remerciant avec chaleur.

-‘..La cuisine vous appartient nous vous aiderons au cas ou… !’

Adèle regarde sa belle-mère avec une telle reconnaissance dans les yeux que la belle fille..

A suivre…




Le BILLET XX







-‘…Maman, vous venez d’accomplir une grande Mitsva, vous le savez. Je ne sais que vous dire… ! Que D ieu vous donne la santé… ! Quant à moi, je vais vous regarder faire… !’

Olga, sans perdre de temps, met un tablier autour de sa taille et commence sa besogne avec diligence. Toute la vaisselle est purifiée avec soin selon le rite juif orthodoxe. Olga se prend à confectionner son plat de poisson avec du riz.

Elle attend patiemment la cuisson tout en allumant du bois qu’elle introduit dans le compartiment approprié du four.

Pendant ce temps, elle prépare sa pâte pour confectionner ‘des khallots’ et des petites pâtisseries sous les yeux curieux de la
maîtresse de maison et de sa belle-mère. Une demi-heure plus tard, elle enfourne son pain. Toujours sous
les regards de ses témoins qui s’extasient du savoir-faire de cette femme aux principes rigoureux.
Le pain cuit, elle s’attèle aux gâteaux. Tout en jetant un œil sur la cuisson de son met. Elle charge Aurèlie et Adèle de lui préparer quelques salades.

Un délicieux fumet s’échappe de la cuisine et envahit toutes les pièces. Le nez averti du religieux comprit que quelque chose de
grandiose se trame.


Deux heures plus tard, midi sonne à la pendule. Pierre est de retour et il est surpris par ces délicieux fumets. Il ne dit rien. Il devine le plan que lui réserve sa belle-mère en la croisant en bas de chez lui et qui se prépare sous la direction de la nouvelle ‘maîtresse de maison’ d’un soir, Olga.

La table pour le midi est dressée. Des salades, en abondance, garnissent la table.
Le religieux et les enfants font leurs ablutions tout en récitant les prières d’usage.
Par respect pour la famille, on ne pose pas de vin non cacher mais des bouteilles d’eau.
Des filets de merlan panés et des frites coupées en lamelles, bien chauds, attendaient preneur. Toute la maisonnée se retrouve assise autour de la table. Ils mangent convenablement, tout en laissant libre court à toutes sortes de conversation en rapport avec l’actualité. Puis vient le tour des desserts. Des pommes et des poires achetées bon
marché, côtoient par la suite les reliefs laissés dans les plats. Plus tard, Pierre émet le vœu de s’allonger un peu tandis que M. Elie retourne dans sa chambre avec toujours cette soif de prier. Les enfants jouent autour de la table tandis que les femmes s’attellent aux derniers préparatifs du shabbat.


Olga vers les 18 heures 30 allume une veilleuse, en priant, toujours sous la surveillance d’Aurèlie et de Adèle qui écoutent.

-‘…En souvenir des âmes de nos ancêtres.. !’ Dit-elle.

M. Elie prend sa douche ; suivent ses enfants et Madame Olga.

Elle rentre par la suite dans sa chambre pour s’apprêter. Elle en ressort, convenablement vêtue, sans chic, la tête ceinte par un fichu de couleur bleu.


-‘…Vous êtes très belle Madame Olga.. !’ Dit Aurèlie à son encontre…

Pierre se lève enfin de son bénéfique sommeil. Il découvre une table dressée avec beaucoup de soin, une serviette blanche recouvre quelque chose. Elle attire son attention.

Adèle lui souffle à l’oreille…

-‘…C’est le pain du motsi… !’ Chéri.. ! Nous allons assister pour la première fois de notre vie à une entrée d’une belle fiancée’ comme me l’a dit Olga… !’

-‘…Quelle fiancée… ?’
-‘…Chez les juifs pratiquants, le respect du shabbat est important et ils assimilent cela à la venue d’une fiancée toute belle qui
donnerait le coup d’envoi de la rentrée du jour sacre… !’
-‘…A quelle heure doit t’elle rentrer chez nous et en plus on n’a rien prévu pour elle.. !’
-‘...Mais non, tu ne comprends pas, aucune fiancée ne viendra mais c’est un symbole ce qui veut dire que le shabbat doit être attendu comme une fiancée enfiévrée qui attend de franchir la porte… ! Ils doivent impérativement se préparer avec ferveur à cette arrivée… !’
-‘…C’est du virtuel alors… ?’

-‘…Oui si tu veux … ! En plus, il l’accueille avec des chants et beaucoup de joie… ! C’est magnifique Pierre… !J’attends cet instant avec solennité… !’
-‘…Bon alors attendons ensemble… ! Je suis heureux de les voir près de nous chérie.. !’

La nuit ne se fait pas languir.


A suivre…
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MessageSujet: LE BILLET DE XXI A XXIV.   Sam 31 Oct - 23:08

Le BILLET XXI




Monsieur Elie sort enfin de sa chambre. Pierre est debout laissant faire le religieux puisqu’il est
pour le moment le chef de maison ; le maître de cérémonie pour un soir.


Les enfants de l’ancien patron confectionneur de moumoutes à Paris, bien silencieux, sont
assis autour de la table attendant les instructions de leur père, pour s’asseoir.
Edouard est dans les bras de sa grand-mère, Aurèlie. On lui pose un petit calot. Adèle et Aurèlie sont ceintes
d’un foulard. Le religieux, enfin prêt, commence par bénir ses 'hôtes' et la maison.

Adèle et Aurèlie se tiennent à côté de Olga. Pierre, la tête couverte par un calot est juste légèrement en retrait de l’homme de la torah.



M. Elie commence, un verre de vin à la main, une prière personnelle. Il entonne ses premiers versets emprunts de trémolos dans la voix. Une voix douce puis forte par moment tout en se faisant basse par instant. Il demande pardon à D ieu, de n’avoir pas pu respecter trois repos sabbatiques, dans le camp d’internement. Ses yeux s’embuent, sans qu’aucune larme ne vienne perturber sa lecture, et à mesure qu’il fait son mea culpa,
Aurèlie et Adèle sont prises d’une intense émotion, bien qu’elles ne comprennent rien à l’hébreu mais elles devinent
à son regard levé vers le ciel, ses suppliques.



Puis arrive dans la foulée le Yom Hachichi récité toujours avec une voix rauque, basse et grave digne d’un
meilleur chanteur d'opéra de Paris. Tantôt modulable, tantôt rectiligne. Il chante ce rituel, plusieurs fois séculaire qui annonce le lendemain d’un jour sacré. Un jour qui n’est pas comme les autres et qui ne le sera jamais. La famille Bethier écoute pour la première fois de leur vie, une prière juive et pas n’importe laquelle ; celle qui donne le coup d’envoi d’un repos hebdomadaire tel que D ieu l’a prescrit. Ils remarquent M. Elie jouir intensément de son
premier Shabbat de liberté.




Aurèlie détourne la tête. Elle n’en peut plus. Adèle fait un effort surhumain pour se retenir tandis que Pierre écoute, la gorge nouée, ce passage des textes sacrés lu, chez lui, pour un vendredi saint. Bien qu’il ne comprenne rien lui aussi à ce que raconte l’ancien employeur de sa femme, il est pris d’une tristesse infinie.



M. Elie comprend ce qui va se passer. Il leur fait signe de ne pas pleurer, mais d’écouter avec calme et sérénité la suite.

La prière prend fin. Les enfants entonnent d’une voix 'mezzo', des chants hébraïques de leurs pays de
naissance, apprises dans leur jeune age.

Edouard attentif, semble heureux.

M. Elie procéda par la suite au partage du pain, le motsi. Il sert tout le monde. Ensuite, Olga et les femmes prennent le contrôle des choses en main.

Le dîner est servi. Au menu, du poisson accompagné de riz blanc et de tout un assortiment de salades et de légumes mijotés à feu doux. M. Elie semble satisfait, par toute cette chaleur chrétienne qui côtoie une atmosphère juive polonaise dans cette maison étrangère qui lui ouvre les bras.

Puis il discoure un moment sur l’aspect du vendredi soir et de celui du shabbat.

Ses ‘convives’ écoutent attentivement les paroles de l’ancien patron, du pressenti moribond, qui a eut la chance d’avoir eut la vie sauve. Il repense à ces journées d’horreur qui suivirent ‘sa capture’ et à ces milliers de familles qui, dans un état déplorable, quémandaient des nouvelles de leurs enfants perdus dans la foule. Il ressent une étrange douleur à ce souvenir mais son regard ne trahit aucune haine envers ces bourreaux. Il reporte tous ces évènements sur la fatalité, et non sur le compte de D ieu car le seigneur n’est pas coupable de quoi que se
soit, et aussi et surtout parce que M. Elie est un homme de bienfaits, qui ne culpabilise personne.



L’amour de la torah lui interdit ce genre de mauvaises pensées, sur ce que D ieu crée
ou fait par sa seule volonté.



La soirée se termine bien tard alors que les enfants de M. Elie dorment déjà.

Le lendemain, le jour de repos est sanctifié par M. Elie, qui passe toute la journée à prier tandis que sa femme Olga et les femmes dialoguent, dans le salon sur tout ce qu’il leur passe par la tête.


Pierre, de son côté, passe sa journée en farniente attendant avec impatience le reste de sa mission.


Le soir, M. Elie fait ‘sortir le shabbat’ en compagnie de ses ’ouailles’ toujours attentifs à ses recommandations et prières.


A suivre…




Le BILLET XXII



Le dimanche arrive. Toute la famille est sur pied, dés les premières heures de la matinée. Le soleil est de
la partie. Un matin serein, estivale.

Comme convenu, le chauffeur de l’avant avant veille, bien matinal, est debout, son béret tenu entre les mains, devant M. Pierre.


La famille Elie Leïbovici est fin prête. Les enfants sont habillés sobrement.


Aurélie a préparé, à leur attention, des pains bagnat rempli de morceaux de thon accompagnés d’œufs durs coupés en deux, le tout encastré entres ces deux mies avec des feuilles de laitues qui chapeautent les condiments et des
bouteilles d’eau ; quelques pommes et des pâtisseries tels que des
Latkess, des schtroudels et des kirelérhs de la
veille, (
je remercie mon ami Suggest’ de m’avoir soufflé ces noms de gâteaux), tous bien enveloppés dans des
sacs en papier kraft.


Mr Elie se fend en remerciements tandis qu’Olga prend Adèle dans ses bras sans oublier Aurèlie.

Une tristesse infinie accompagne leurs derniers saluts mais pas une larme n’est versée.


La famille Leïbovici et Pierre s’engouffrent dans le bus scolaire conduit par le chauffeur pressenti pour une
partie du voyage. Des écoliers sont dans la grande cabine à chanter et à s’amuser. La famille Leïbovici prend place à l’arrière du véhicule suivi en cela par Pierre.



Durant leur court trajet dans la capitale, ils croisent des camions remplis
de soldats allemands qui roulent à vive allure sur les boulevards . Les camelots et autres marchands ambulants
voient ces transporteurs de troupes avec mépris et haine. Pas un regard ne leur est adressé. Une atmosphère d’enterrement.


Ils sont depuis deux bonnes heures sur la route. Paris est à 150 kms derrière eux. Tout se passe sans incident majeur. Et toujours ces convois de soldats qu’ils croisent sur les routes départementales.
Le chauffeur par prudence emprunte des sentiers de fortune, en rase campagne, évitant ainsi les grands axes routiers. Des villages ensommeillés sont traversés en début d’après midi.


Lors d’un contrôle de routine, en cours de route par les gendarmes, la famille se montre pleine de courage et
surtout discrète. La seule présentation de leurs laisses passée, frappés de l’aigle du Reich ainsi que tous sesenfants bruyants, chantonnant, leur ouvre les barrages sans aucune autre forme d’interrogation, trop poussée.

En fin d’après midi, ils arrivent du côté de Lyon. Un second chauffeur remplace le premier.

Quelques heures plus tard, enfin, ils arrivent dans les faubourgs de Chambéry vers les 22 heures. Les enfants de Mr Elie se sont endormis sur les genoux de leur parent. Le chauffeur attend quelques instants. Le temps de faire un besoin. Les autres enfants sont descendus depuis fort longtemps pour une autre destination.


La famille d’Elie et Pierre se retrouvent donc seule dans le vaste car.

Le chauffeur engrange sa première et démarre. Sous un lâché de gaz carbonique.


Une heure plus tard, la ville de Chambéry est annoncée par un grand panonceau.

Pierre est arrivé à destination. Il est 23 heures. Il reste encore un moment à discuter avec Mr Elie. Puis, il se lève, prend possession de son sac à main. Il salue chaleureusement toute la famille en leur souhaitant bonne chance et bonne continuation..

-‘…Ne vous inquiétez surtout pas, ceux qui vont vous conduire de l’autre côté sont des patriotes de
confiance… ! Vous arriverez avec la grâce de D ieu à bon port. Ils vous restent encore entre deux ou trois
heures de temps avant de franchir la frontière… ! Le chauffeur vous indiquera la marche à suivre… ! Il connaît son répertoire par cœur… !’

-‘…Salut André… !’ Dit il à l’adresse du conducteur…’..Et surtout soit vigilant… !’
-‘…T’inquiètes pas….Pierre… ! Je n’ai jamais raté une mission… !’

A suivre…



Le BILLET XXIII



Le car poursuit sa route vers sa destination. Deux heures plus tard, le chauffeur abandonne son véhicule, au lieu dit ‘...DES LUTINS...’ à quelques un km environ de la frontière suisse. Un autre homme, sorti des fourrées, vient les rejoindre pour franchir la frontière de nuit, en empruntant des chemins escarpés de montagnes. Des itinéraires connus par lui seul.


A cinq heures du matin, toute la famille Leïbovici se retrouve enfin à Lugano. Libre.

Des membres de l’Agence juive les prennent en charge et les conduisent en Italie afin de les embarquer le lendemain pour ASHDOD.


Bien avant, de son côté, Pierre, comme le lui avait indiqué, Jeannette alias Victoria, se dirige vers la gare de Chambéry. Il a quelques centaines de mètres à faire à pieds. La gare se découvre à lui, toute illuminée, à un détour d’une grande avenue.


Il rentre dans le hall. Tout était désert. Il va s’allonger sur un banc, attendant l’ouverture du bar.
Emporté par la fatigue, Pierre s’assoupit. Vers les 5 heures du matin, il se lève au bruit du nettoyeur de la salle, il s’étire, remue sa tête de gauche à droite, vise des toilettes pour rafraîchir son visage. Enfin frais et dispos, il se dirige vers le bar qui s’apprête à ouvrir. Il est le premier client.


Il se restaure un court moment tout en fumant une de ses cigarettes préférées. La préposée à la billetterie, prend enfin son service en baillant aux corneilles. Il s’avance vers la guichetière pour s’informer sur le prochain départ de train pour la Ferté-En –Amont… !

-‘…Premier départ affiché vers les 6 heures trente deux, Monsieur… !’
-‘…Je veux un billet aller retour, s’il vous plait…!’
-‘…Deux francs et 35 centimes… ! Monsieur… !’


Il paye et retourne s’asseoir sur le banc. Il allonge ses jambes à l’horizontale en attendant la bonne heure.
Brûlant cigarettes sur cigarettes. Ses pensées sont avec la famille de M. Elie.
Il réfléchit aussi à ce qu’il va trouver une fois dans le prieuré.
Il pense tout d’un coup à téléphoner à sa femme. Sans hésiter, il va voir la guichetière qui lui indique
un poste téléphonique. Il compose le numéro de Mme Lebrun à 5 heures 48. Une standardiste lui répond. Il donne le numéro demandé et attend la communication, que la voix de sa concierge donne signe de vie…



-‘…Madame Lebrun… ? Excusez-moi de vous réveiller à cette heure matinale.. ! Puis- je parler à
ma femme Adèle… ?’
-‘…Monsieur Pierre… ? Content de vous entendre, alors tout se passe bien pour vous.. ! La fête… ?’
-‘…Oui très bien, justement je voulais avertir Adèle que tout se passe bien… !’
-‘…Je vous l’appelle… !Restez en ligne M. Pierre.. !…Ah....! J’oubliais de vous dire, que j’ai eu un coup de fil d’un ami qui vous passe le bonjour et que ‘..Le Pays de Cocagne est un beau pays… !’ Je n’ai pas compris… !’
-‘…Il voulait dire qu’il fait beau en Italie… !’

Deux minutes plus tard…

-‘…Allô....! Adèle… ?’
-‘…Oui Pierre… ! C’est moi alors … ? »’
-‘…La fête reprendra tout à l’heure en attendant, je suis dans le grand salon... !’
-‘…Notre ami, le gendre de M. Arnaud vient de m’envoyer une carte d’invitation, tout va très bien pour
Jean-Marie … ! Ils sont arrivés au pays de cocagne… !’
-‘…Ah enfin, merci, j’étais sur qu’il nous ferait part de sa fête… ! Merci chéri… ! J’ai une
folle envie de toi.. !’

Le petit train Chambéry/Fertè-En-Amont est annoncé à l’heure dite.

A suivre..



Le BILLET XXIV



Un groupe de travailleurs se trouve dans le seul wagon de la navette.

Pierre s’installe près d’une porte de sortie. Le train démarre.
Le voyage doit durer trente minutes, avec cinq arrêts à Monte-Claire, Château des Templiers, Almonde, La Roche- Sur- Ion, Le Fort de Ferté - En-Amont et enfin Ferté- En- Amont. Il prend plaisir à contempler à travers la
vitre du train ces alpages et cette verdure inondée de fleurs, protégés par des montagnes ainsi que de petits ruisseaux, allongés paisiblement dans leur lit. Il n’est plus qu’à une station pour pouvoir enfin accomplir sa seconde mission lorsque l’un des travailleurs du groupe vient vers lui…


-‘…CAMILLE DE ST JACQUES…. ! Vous passe le bonjour, ne dites rien surtout, on viendra vous chercher dés votre descente de train…Le chauffeur se nomme Rémy, vous lui direz de la part de Blanc-Bec.. !’


L’homme retourne vers son groupe.

Cinq minutes plus tard, il foule les pavés de la rue. Il est dehors quand une dame s’approche de lui…

-‘…Auriez-vous du feu, s’il vous plait… ?’
-‘…Oui bien sur… !’
-‘…Il est juste au tournant, dans la rue à votre gauche… !’
-‘…Merci… !’
-‘…Au revoir Monsieur… !’


En effet une voiture attend à un coin de la rue.

Il monte dans le véhicule…

-‘…De la part de Blanc-Bec… !’
-‘…Je suis Rémy, je dois vous accompagner là où vous savez… ’ Carrefour des quatre chemins…. ! Vous
marcherez environ dix minutes et puis vous serez aux pieds de la montagne Blanche… !…Bonne chance, je
serai là dans exactement deux heures, vous avez trente minutes de marche pour arriver là haut et autant pour descendre. Donc il ne vous reste qu’une heure pour prendre Camille… ! Salut.. !’

Rémy démarre.
Vingt minutes plus tard, comme indiqué, la fameuse montagne apparaît à son regard.
Pierre est debout face à ce grand monticule. Son sac posé à terre.
Il voit le prieure se détacher d’entre les montagnes. Il ne perd pas de temps et commence son ascension.
Comme le chauffeur le lui avait prédit, il se retrouve une demi-heure plus tard devant une grande porte. Il tire sur
une cloche, attend quelques minutes avant qu’un père franciscain ne lui ouvre le portail. Le religieux lui fait
signe de le suivre. Pierre emprunte des allées bien alignées et bordées de fleurs. Un chapelet de moines en bure est à la cueillette de pommes. Puis, il traverse une grande cour. Le père lui fait signe d’attendre dans un couloir décoré de vitraux représentants la crucifixion du Christ. Il se signe.

Il entend des pas et un autre père se présente à lui.


-‘…Bonjour M. Pierre, je suis nl’abbé Amédée et sans vous faire plus attendre, je vais vous conduire vers
Camille. Elle vous attend dans mon bureau… ! Que les voies du Seigneur vous accompagnent… ! Mon fils… !’

Pour un cheminot qui passe toute sa vie sur les voies, la réflexion de l’homme pieux tombe au bon moment.
Pierre sent son cœur battre la chamade. Sa respiration s’accentue et le père devine sa trop grande émotion.

-‘…Soyez calme et remettez vos sentiments au Seigneur, il vous aidera... !’


Pierre comme par miracle se calme. Il suivait ce chef spirituel, les bras engoncés sous sa bure, comme s’il
suivait une procession sans foule. Il se sent soulagé par les quelques paroles d’apaisement du reclus.


Le père Amédée pousse la porte, toujours suivi par Pierre. Il ne voit pas, sur le moment, celle
qui doit recevoir son fameux billet. Il entend, cependant, la porte se refermer derrière lui. Il se rend
compte qu’il est tout seul. Il pose sa sacoche sur le carrelage sans doute froid de ce bureau sans apprêt. Il s’avance un instant lorsque soudain, jetant un regard par-dessus le grand fauteuil qui jouxte le bureau du prélat. Il
remarque une tête aux cheveux blonds.

A suivre…

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breitou

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MessageSujet: LE BILLET XXV A XXVI.   Ven 6 Nov - 12:29

Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.

Le BILLET XXV

Une petite fille est assise dans un fauteuil trop grand pour elle. Elle tourne la tête vers cet inconnu debout, en silence, qui la fixe intensément …

Musique en arrière fond.










-‘..Tu n’es pas mon père… !’ Lui dit-elle par sa voix fluette.

Pierre est ébloui par la beauté de cet enfant aux yeux bleus et à la chevelure blonde coiffée avec des tresses qui dépassent généreusement ses épaules. Il ne fait guère attention à la réflexion de la toute jeune fille. Il est ailleurs à savourer l’instant présent, celui de remettre ce dont il était chargé de faire depuis Paris, laissant femme, maman et enfant : sa mission, le message de sa maman.
Il est subjugué par ce joli minois de petite fille, tout en régulier dans lequel tout est parfait. La fille le regarde sans rien dire, attendant sûrement une réponse de ce monsieur qui tarde à sortir de sa béatitude.

-‘…Je ne suis pas ton père, seulement un ami, Camille, je suis un ami de ta famille et je m’appelle Pierre. Je suis venu te remettre un billet… !Et cela… !’
-‘…Elle s’appelle Cécile et elle a deux ans.. ! Je l’ai vu naître, tu sais Pierre... ! Mais ma maman a oublie de me la donner… ! Merci… !’
-‘…Je trouve qu’elle aussi belle que toi ta doudou Cécile… !’
-‘…Elle est toute poussiéreuse ma Cécile, personne ne s’en est occupée à ce que je vois… !’
-‘…C’est à dire qu’elle n’a pas voulue que tante Jeannette sans occupe, elle voulait que cela soit toi qui le fasses… ! Tiens, voilà le billet, tu peux le lire si tu veux à voix basse ou dans ta tête, il émane de ta maman.. !’
-‘...Où est t’elle, elle n’est pas venue me chercher de chez tante Jeannette… !’
-‘…Ta famille est partie pour un long voyage mais avant, ils t’ont laissé une recommandation que voici… ! Tiens lis... !’

Camille saisit du billet et se met à le lire à voix haute devant Pierre.
Pierre ressent cette angoisse qui le tenaille depuis le départ. Il est mal en point devant la lecture que faisait Camille de sa douce voix.
( Zut j’ai les boules)







Elle arrive à la fin du message..‘…. Dis à ta tante Victoria de ne pas s’en faire… !’
-‘…Qui est tante Victoria… ?’
-‘…C’est Jeannette, elle avait un surnom que tu ignorais… ! Mais que ta maman connaissait… !’
-‘…C’est tout… ?’ Dit- elle presque déçue par cette courte lettre.
-‘…Elle n’a pas eut le temps de t’en dire plus mais lorsque tu la reverras, tu pourras parler plus longuement avec elle... ! Nous allons partir Camille… !’
-‘…Où m’emmènes- tu…?’
-‘…Sûrement dans un pays beaucoup plus beau que celui ci… ! Il faut s’en aller … ! Camille… !’ Dit- il en lui prenant la main.

Pierre se rappelle l’heure du rendez-vous avec le chauffeur.
La petite fille obéit et enlaça sa poupée…

-‘…Elle vient avec moi, sinon je reste là.. !’
-‘…Oui, tout ce que tu voudras, Camille, allons à présent, il se fait tard…. !’

Ils se lèvent. Pierre tourne la poignée de la porte. Père Amédée est là assis, attendant la fin de la discussion…

-‘…Mon père, je tiens à vous remercier pour tout ce que vous faites en ces moments pénibles.. !’
-‘…Que le Seigneur vous accompagne, Monsieur… ! Au revoir Camille...!’

Elle tend sa main vers le prélat qui la serre d’entre ses mains pieuses.

-‘…Merci pour tout… ! Monsieur le curé….!’

Pierre, et sa protégée prennent le chemin inverse.
Il a juste le temps de souffler que la voiture, une petite Renault 4x4, freine devant eux soulevant un nuage de poussière.

-‘…Montez, nous devons partir.. !’

A suivre…



Le BILLET XXVI


Le chauffeur démarre, presque en trombe.

-‘…Je vous dépose prés de la gare. Votre mission s’achève là-bas Monsieur Pierre… !’
-‘…Que va t’il advenir de la petite… ?’
-‘…Ne vous tracassez pas, elle aura un brillant avenir là où elle sera… !’
-‘…Sans….. !’
-‘…Ne dites plus rien, tout va aller pour le mieux pour elle.. !’

Durant tout le trajet, Pierre n’a d’yeux que pour Camille. Elle joue avec sa Cécile sans se soucier de son état d’orpheline…


Il est dépose selon le plan préparé par avance. Il se penche sur Camille et l’embrasse sur les deux joues…

-‘…Que D ieu soit avec toi, Camille…. !’

La voiture prend la route emportant Camille Lévi vers son destin.

Pierre se retrouve à la gare et retéléphone sur-le-champ à madame Lebrun, en passant par la même standardiste. Il avertit sa femme que tout s’est bien passe.

La libération de Paris arrive et la capitale est enfin débarrassée de ses’ chleux’.
Paris retrouve sa joie de vivre quelques années plus tard.
Entre temps, Adèle accoucha d’une petite fille qu’ils prénommèrent Agnès.

Passe le temps et Pierre est toujours là à surveiller ses voies. Il a 55 ans. Edouard est devenu un jeune adolescent tandis que Agnès, espiègle, grandit aisément entourée des siens. Aurèlie, la grand-mère a fait connaissance avec d’autres amies, toujours juives, dont certaines fraîchement débarquées de leur Algérie natale. Les pieds noirs comme on aime les appeler. Elle est heureuse de retrouver cette chaleur qui les caractérise tout en étant triste de ne plus revoir ses anciennes copines pour la plupart déportées et brûlées dans les fours crématoires.

Adèle a trouvé entre temps, un travail temporaire, comme infirmière dans un hôpital de la Capitale ; le monde des hôpitaux en souffrait cruellement, faute de personnel. Plus tard, elle ouvre un petit commerce de reprises de vêtements dans son quartier. La clientèle est satisfaite par ses services, d’autant plus qu’elle propose, repassage, teinturerie et lavage à des prix très abordables.
Dans les premiers temps, au début, la famille Berthier recevait quelques nouvelles de leurs anciens protéges mais pas de chez Camille. M. Elie avait retrouvé son frère Meyer en Israël. Ils fondèrent un kibboutz pas loin de la colline de Jérusalem, ‘…Moshav Letsion.. !

Les deux frères s’attelèrent à monter un commerce, toujours dans la confection mais dans les jeans. La fabrique portait l’enseigne de ‘…LEIBOVICI JEAN’S..’
Puis plus rien. La guerre de 67 éclata, suivie quelques années plus tard par celle de la guerre du YOM Kippour en 1973.

Adèle , Aurélie et Pierre vivent seuls à présent, les enfants se sont mariés. Ils sont grands-parents et arrière-grands parents pour Aurèlie, depuis deux ans.

Adèle, chez elle, vaque à ses occupations lorsqu’un matin, le facteur lui remet ce qui parait être une invitation. Les écritures son en hébreu ainsi que le timbre. L’en tête porte le sigle de Yad Vachem. Le mémorial de la Choa érigé aux six millions de victimes juives du nazisme durant la seconde guerre mondiale.
Elle n’ouvre pas la missive sur l’instant, attendant que Pierre rentre le soir de son travail.
Vers les 20 heures, Pierre sonne à la porte. Il se douche et pendant l’heure du dîner, Adèle lui fait part de la missive reçue le matin même.
Il décachette l’enveloppe et prend connaissance, en silence, du contenu de la lettre en présence de ses enfants mariés. Ils sont grands-parents trois fois. Deux enfants pour Édouard, et une fille pour Agnès.
Il met ses lunettes et commence à lire l’objet de la missive à haute voix d’une voix fatiguée, et en tremblant des mains.

A suivre….

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breitou

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MessageSujet: LE BILLET DE XXVII A....XXIX   Dim 15 Nov - 20:39

Le BILLET XXVII







Tel Aviv le …..19…


A Madame et Monsieur Pierre Parmentier
…Rue du…..
75….Paris….

Madame, Monsieur,

C’est au nom du gouvernement d’Israël et de toute la nation juive que le musée de YAD VACHEM, lieu de mémoire pour tous les juifs assassinés durant la seconde guerre mondiale sous le joug des nazis, vous invite le ……… pour la remise de la médaille des Justes.

Cette distinction honorifique a pour but, de récompenser tous ceux ou celles qui, par des actions courageuses, durant cette période de trouble, de délation et d’assassinats de juifs innocents, à honorer le dévouement, le courage, la sincérité et la foi dont ils ont fait preuve au péril de leur vie pour sauver des juifs.

La cérémonie aura lieu dans la grande salle de YAD VACHEM en présence des membres du gouvernement d’Israël.

Comptant sur votre présence,

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, notre sincère reconnaissance.


Signe : le Directeur du Centre de YAD VACHEM.

Shimon B…………



-‘…C’est une invitation à une grande cérémonie… ! Adèle, on va nous remettre la médaille des Justes… !En présence des membres du gouvernement d’Israël’

Aurélie baisse les yeux.

-‘…Cela va être un grand jour pour vous … ? Papa... ! Maman…’ Dit Edouard.
-‘…Oui, je ne m’y attendais pas. Je pensais être à l’abri des émotions et voilà que je fais un bond en arrière de plusieurs siècles… ! ’
-‘…C’est si loin et si prés tout cela… !’

Adèle a prit de l’age. Aurèlie ne se déplace plus qu’en fauteuil roulant.
Adèle écoute son mari rappeler, à ses grands enfants le génocide juif, ce que les livres d’histoires narrent avec froideur dans leurs pages blanches mais oublient de le leur raconter avec sentiments alors que lui Pierre avait vécu ces tragédies avec ses yeux et son cœur.

-‘…Cela va être un grand jour … ! Pierre.. !’ Redit Aurèlie sénile.
-‘…Nous allons surtout vivre des moments intenses d’émotion… ! Aurèlie et vous mes grands, faites partis du voyage puisque nous avons 7 billets d’avion réservés pour cette date… ! Nos petits enfants seront avec nous…. !’

Quelques mois plus tard, en cette fin de mois d’octobre, 1995. La famille PIERRE BERTHIER et enfants prennent l’avion pour Tel -Aviv. Ils sont accueillis au bas de la passerelle par un dignitaire religieux et un représentant de YAD VACHEM. Une voiture de luxe avec chauffeur est mise à leur disposition et on les installe dans le plus beau palace de Jérusalem au KING DAVID. Durant toute la semaine, on leur fait visiter tout le pays. Ils sont enchantés par la découverte de ces hauts lieux sacrés et par la chaleur de ses habitants. Ils se mêlent à plusieurs reprises avec les autochtones dont certains les reconnaissent pour avoir vu leurs photos encadrées dans le journal local le JERUSALEM POSTE, suivies d’articles élogieux relatant leurs faits.

Le jour de la cérémonie arrive. Toute la famille Berthier au complet se retrouve dans le grand hall de la salle du Mémorial. Un public nombreux se presse autour d’un grand buffet attenant à l’immense salle où brûle en son milieu une flamme éternelle.
Toute la famille se prête aux questions posées par des inconnus. Elle se plie de bonnes grâces aux flashs des photographes et caméramans qui transmettent l’évènement en direct sur les chaînes de télévision.

A suivre….



Le BILLET XXVIII

Pierre sirote un jus, accoudé sur le comptoir du snack, quand il se sent presque happé par un bras.
Il se retourne et là, il est agréablement surpris de reconnaître Madame Jeannette Loiseau alias Victoria vieillie.

-‘…Vous.. ? Ici … ?’ Dit-il en haussant la voix… ! Chérie, maman, les enfants, je vous présente Madame Jeannette Loiseau alias Victoria… !’

Victoria sans hésiter prend dans ses bras Adèle qu’elle embrasse. Elle fait de même avec Aurèlie et les enfants…

-‘…Puis-je vous le prendre un instant, j’ai tant de choses à lui raconter.. !’
Dit-elle d’une voix assurée malgré son age.

Elle s’empare de Pierre et les deux, bras dessus bras dessous, s’attablent au snack bar du lieu.

-‘..Il est temps que je vous raconte presque tout. Je suis née premièrement Cahen. Mon mari était chrétien mais il décéda avant la guerre me laissant avec mes deux enfants, Charles et Romuald. Mes enfants vivent aux States et ils sont dans la finance. Je ne vis pas loin de leur logis à NEW-YORK. Je suis grand-mère six fois. Bon, assez parlé de moi... ! J’étais agent de liaison dans le réseau ‘…VOIE ET LIBERTE…’ sous le commandement de Arnaud, colonel alias BERTRAND… !’
-‘…C’était lui mon chef de gare, le Colonel… ? Ca alors… ?’
-‘…Nous priions chaque instant pour qu’il ne fût pas démasqué, il était en rapport direct avec le Field-Maréchal VON LIBZ, qui se suicida quelque temps après dans son bureau, il avait mit toute sa confiance en lui et Arnaud profitait de ses beuveries pour lui présenter de jolies femmes du réseau et ainsi pouvoir consulter secrètement ses dossiers personnels, sans qu’il soit inquiète. Grâce à cela nous avons pu sauver à temps de nombreuses familles juives destinées à la mort. M. Elie, était un homme important dans la communauté et malgré nos avertissements, il refusait de partir tant qu’il n’avait pas avertit certains de ses nombreux employés juifs.
Il s’en voulait par moment de n’avoir pas pu sauver la famille de Camille. Au dernier moment, il voulait se déplacer mais la gestapo l’a raflée avant et nous étions sur le qui vive en ce moment là car elle le soupçonnait de faire partie de notre organisation, alors qu’il n’en était rien. Nous étions tous dans un merdier comme pas possible. M. Elie était un homme important. Il aidait aussi bien les familles démunies chrétiennes que juives, son meilleur ami était l’archevêque de Paris Monseigneur DEBRAY mais il décéda quelques temps avant l’occupation de Paris par les Allemands. Son remplaçant Monseigneur Joseph Romain était un personnage timoré, frileux qui n’osait pas affronter la gestapo au risque de la voir se retourner contre lui. Il recevait ses ordres du Vatican et il se devait de les appliquer à la lettre sans aucun état d’âme. M. Elie détenait une importante liste de noms de compatriotes juifs et chrétiens et au dernier moment, il réussit à la cacher dans une doublure d’une de ses fourrures, en partance à l’étranger. Les Allemands n’y on vu que du feu. Nous avons retrouvé, plus tard, cette fameuse liste grâce à la perspicacité d un de nos hommes qui faisaient office de gardien d’immeuble, M. Pascal.
M. Elie était aussi dans notre communauté un homme très respecte, et influent, président d’honneur. Il détenait aussi la trésorerie de son association. Il m’avait donné, pressentant sûrement son arrestation, la combinaison du coffre et dés que la mauvaise nouvelle m’est parvenue, je suis allée retirer une somme importante qui s’y trouvait. Cela nous a permis de soudoyer des soldats allemands. Huit familles ont ainsi eut la vie sauve.
-‘…Et Camille alors… ? ’
-‘…Camille…. ? Henriette Lévy et ses trois enfants étaient nos voisins depuis très longtemps. Lorsque la Gestapo est arrivée, Camille était par miracle chez nous. Nous l’avions retenue afin qu’elle ne soit pas aussi embarquée.
Henriette se doutait bien que je faisais partie de la résistance.
Du moins, elle l’avait compris un jour où par erreur, un de nos agents de liaison, commit l’erreur de se tromper de porte et remit un document important à Henriette en lui disant ceci...

‘...C’est pour la tante Victoria... !’ Croyant qu’elle Henriette faisait partie du réseau. Ce n’est qu’en le voyant repartir par hasard par ma fenêtre que j’avais compris la méprise.
Et là, j’entends la porte frappée, c’était Henriette, elle me remettait le précieux document en me disant

‘...Vous êtes une femme merveilleuse Jeannette... !’

Malheureusement, tout se passa autrement pour eux.

Quelques mois après la rentrée des nazis en France, nous avons su ce qu’ils faisaient dans les autres pays de l’Europe envers nos communautés juives. Nous avons été pris de court par la vitesse d’exécution de leurs missions. Nous avons donc contacté certaines églises et paroisses à Paris et dans toute la France pour leur demander d’héberger des enfants juifs pour un temps limite. Certaines ont accepté sans rechigner alors que d’autres n’ont même pas eu la courtoisie de nous répondre. Nous avons mis en place, avec l’agence juive une sorte de filière ‘…Des enfants pour Israël...’ Camille était en instance de départ mais votre ténacité, votre courage à aller au fond de votre idéal nous a freiné à la faire immigrer sans que vous lui remettiez avant le message. Vous avez tenu à ce que cela soit vous, que vous le fassiez au risque de mettre sa vie en danger… ! Et notre organisation. Le père Amédée s’impatientait de la prise en charge qui tardait pour Camille… ! Nous avons donc laissé faire connaissant pertinemment votre volonté et votre courage.. ! Bon voilà grosso modo, presque toute l’histoire ... !’

A suivre...



Le BILLET XXIX


-‘…Qu’est t’elle devenue depuis… ?Et les Leïbovoci… ? ’
-‘…A ces questions, je ne peux que me taire, vous le saurez un jour sans doute… ! Bon je vous libère allez rejoindre votre femme et vos enfants, la cérémonie est prévue pour dans dix minutes… !’

Ce qu’il fait. Il va rejoindre sa famille.

Un bedeau vient leur annoncer que la cérémonie officielle va commencer et qu’il faut rejoindre les places qui leurs sont dévolues sur la grande estrade décorée par des drapeaux israéliens.






Toute la salle se lève quand le premier ministre d’Israël Rabin accompagné par huit ministres et dignitaires religieux font leur apparition.
Une fanfare entame l’hymne nationale du pays LA ATIKVA, dés que les hautes personnalités montent s’immobilisent devant le pupitre.






550 invités sont conviés à cette remise de la médaille des Justes à la famille Berthier.
La plupart des rescapés et leurs enfants mariés.
La tension est électrique. Tous les hommes politiques et religieux prennent place, imitée en cela par l’assemblée.

Pierre et Adèle sentent le trac les envahir, seule Aurèlie et les adolescents sont calmes et suivent le protocole avec une grande curiosité.

A 15 heures pile, le premier Ministre se lève et s’avance vers le podium. Trois micros sont plantés devant lui. Les flashs des reporters crépitent.
Il sort une feuille de papier pour lire son discours, en hébreu traduit simultanément dans les micros de la famille Berthier.


‘…Sarim nekh’bodim…
Rabanim nekh’bodim ,
Ha’verim ye’garim…..

Anah’nou..mé’hod smé’khim be atar ze’karon lè’mâan a Shoa, bé YAD VACHEM, ché be Yèrouchalaim, zoug, ima ché’laimè vé yè’ladim, cheï ich’tatfou béch teï me’ssi’mout bèz man aki’bouch a’guer’mani bét sar’fat bè ometz lév ou beg’vora lam’rout kol assa’qanot chéba em nit’guelo….

Ana’hnou yo’dèm et ame’khir a ya’kar che alta la’nou tfo’qa chro’ra zot baï lis’toria ché’lanou……Akh’haïm chèl ke chéh millions mè akh’ènou a yé’oudim bé’kol Europa ak’voucha bé mé’chekh kha’mèch cha’nim…..

Blè lakh’zèq né’chèk khots mââ n é’cheq aya’khid chèl ag’vo’ra vé ometz alèv mich’pa’hat Berthier, Pierre…Adèle …Aurèlie ..Edouard , bi éyo’to ka’tan mé’hod bét kou’fa zot la’zor léo’rav ( tssork qlatè) ét sli’khou bé ometz ou vè dam qar lat’ssèl mich’pakha aleï’bo….Mé’mavét vè lé’lââ’niq car’tis millims qta’not…chél ââ’va che nekh’tavo al yè’deï
ima ché’laim Henriette ka acher i nich’lekha le’makh a’ma’vèt vè kar’tis zè aya me’you’ad le bi’tam ak’tana bat achè’ch CAMILLE…..

Béchèm mém’chèlét Israël, a mé’di’na a yé’oudit vé béchèm ana’ssi ché’lanou ou béch’mè yé’chli ét a’ka’vod aga’dol lé a aniq la’khèm mé’da’lia chél KHASSIDEÏ oumot ollam ché mou ana’qet lé alè chè et’ssilou kha’yeï ye’oudim bez’man amel’khama…!'


Avec l'aimable collaboration de Braham.

‘….Mes chers compatriotes, Messieurs les Ministres,
Honorables dignitaires religieux d’Israël…
Chers amis,

Nous sommes particulièrement heureux d’accueillir parmi nous, dans ce grand mémorial de la Choa, de l’Holocauste à YAD VACHEM, un couple, leur maman et enfants qui, malgré les dangers qu’ils ont encouru avec courage, foi et volonté, ont accompli deux missions durant l’occupation des allemands de la terre de France.

Nous savons tous ce que nous a coûté cette période noire de notre histoire ; la vie de près de six millions de nos coreligionnaires dans toute presque toute l’Europe asservie durant 5 ans.

Sans porter de glaive, ayant pour seule arme que leur ténacité et pugnacité, la famille Bertier que je nomme, Pierre, Adèle et Aurèlie…Edouard, étant encore trop jeune à cette époque pour aider ses parents (rires générales) ont réussit avec témérité et sang froid à soustraire une famille, les Leïbovici, de la mort et à remettre un Billet, des petits mots d’amour écrits par leur Maman, Henriette, en partance pour les camps de le mort et destine à leur petite fille Camille. 6ans.


………Il conclu après dix minutes par…..

‘…Au nom du gouvernement D’Israël, de la nation juive, et au nom de notre président et de moi même, j’ai le grand honneur de vous remettre la médaille des Justes, attribuée à ceux ou à celles qui pendant la guerre ont sauvé des juifs. ..!’

Toute l’assemblée se lève pour applaudir. Puis le premier Ministre se dirige vers Pierre et ses proches, tous debout. Il serre la main de Pierre et lui remet devant les journalistes qui flashent l’instant, un écrin avec la médaille des justes à l’intérieur. Il lui accroche aussi un petit insigne au revers de son veston. Le premier Ministre serre aussi la main de Adèle, Aurélie et les enfants.

L'ordonnancier fait signe à Pierre de se lever pour discourir…Pierre sans hésiter prend la place du Premier Ministre au micro…Dans un silence imposant , Pierre se tourne vers le premier Israélien …Et avec aplomb et clarté dans la voix…Sans hésiter et improvisant sur le champ…

A suivre...



Dernière édition par breitou le Jeu 26 Nov - 20:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: NOUVELLE..." LE BILLET " de 1 à 31.   Dim 22 Nov - 14:06

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MessageSujet: LE BILLET XXX A XXXI....FIN.   Jeu 26 Nov - 20:20





Le BILLET XXX


‘…Monsieur le Premier Ministre….

Puis se tournant vers les dignitaires religieux…

‘…Messieurs les rabbins et vous messieurs les Ministres du gouvernement d’ Israël..

Je voudrais tout d’abord vous remercier pour ce grand honneur que vous nous faites aujourd’hui….. !’

Puis vers le public…

‘….Durant toute mon enfance et adolescence, j’ai rêvé de servir, me rendre utile à ma patrie et surtout envers mes semblables…..

Je dois ces sentiments qui m’étouffent ; de solidarité et d’amour pour le prochain, à mon cher père qui, tout au long des voies ferrées, insipides et mornes, m’entretenait de cela.

A aucun moment de ma vie, je n’ai jamais dérogé à ces règles élémentaires de la vie courante telles qu’elles sont prescrites dans tous nos livres sacrés.

J’ai aussi la chance d’avoir une femme et une maman qui, tout au long de notre aventure n’ont jamais été défaitistes. Elles m’encourageaient dans cette voie, moi qui toute ma vie a suivi des voies froides et insipides. (Rires)

Je n’ai fais, en mon âme et conscience, que mon devoir, nos devoirs envers nos semblables dans des situations pénibles et dures à vivre. A une époque d’horreur qui ne que fut drame tragédie et désolation.

Comme les journaux d’ici vous l’ont rapportes avec force et détails, la libération de la famille Leïbovici fut pour toute notre famille la consécration de nos idéaux….La sauvegarde de nos valeurs morales…Quand à ce petit BILLET, pour moi une encyclopédie, en apparence anodin, dangereux mais O combien exaltant, il me fait l’honneur aujourd’hui d’être auprès de vous et de croire que les simples gestes sont parfois des monuments.


Il conclut….

‘….Au nom de tous les miens, je tiens à vous remercier pour cet hommage et pour l’honneur que vous nous réservez depuis notre arrivée ici en Israël…… !'

Pierre regagne sa place, retenu par le bedeau, sous les applaudissements des présents.

La cérémonie prend par la suite une autre tournure lorsque contre toute attente, on voit apparaître surgir par une porte, les deux familles Leïbovici…
Les visages de Pierre et de Adèle sont tout illuminés par cette imprévue apparition.
Sans hésiter, Pierre et Adèle se dirigent vers les deux familles. Un grand manteau d’émotion enveloppe la grande salle…..Les deux familles se jettent dans les bras réciproquement.
Les enfants des deux familles Leïbovici , depuis longtemps mariés, présentent leurs épouses et leurs enfants…

Adèle toute émue ne peut retenir ses larmes suivies par Aurèlie.

-‘…Ne pleurez pas Adèle… !’ Lui dit Elie…
-‘…Olga…… ! Jonathan, Rachel, Yoschua…? Mon D ieu, vous êtes tous papa et maman à présent…. ! Quelle joie de vous revoir…!’

Olga enlace cent fois Aurèlie, assise sur son fauteuil. Elle maîtrise mal ses pleurs.

-‘…Monsieur Meyer… ! Quel bonheur… ! Grâce à D ieu de vous retrouver… !’

Monsieur Meyer est si ému qu’il refoule des sanglots…

-‘…Faut pas que je pleure… !’ Dit il à Adèle…
-‘…Alors souriez dans votre barbe… !’ Dit t’elle..

Monsieur Meyer échappe de peu aux larmes et se mit à sourire.

A suivre…

LE BILLET XXXI


Tout le monde rejoint sa place. Les deux familles Leïbovici s’assoient face à l’estrade.
Puis un dignitaire religieux se lève, et oubliant le protocole dit en français…

-‘…Monsieur Pierre et vous même Adèle et Aurèlie vous n’êtes pas arrives au bout de vos surprises…..

Il vient à peine de dire cela qu’une femme blonde, élancée, cheveux blonds lâchés sur les épaules, vêtue d’un tailleur gris qui lui moulait le corps, se lève de parmi l’assistance, suivis par un homme et trois enfants. Elle s’avance vers eux…

Pierre se lève machinalement comme mû par un sentiment. Il regarde cette belle femme s’avancer avec prestance vers lui. Il la fixe comme s’il voulait que cela soit Camille.
La femme et sa famille arrive enfin devant la famille Berthier. Ils montent les quatre escaliers en bois de l’estrade et ….

-‘…Pierre…. ! Me reconnaissez-vous… ?’

Pierre l’a reconnue…Ses idées s’embrouillent….Il cherche ses paroles bloquées dans sa gorge. Son regard accroché au visage de cette femme l’empêche de dire une seul mot. Ses yeux finalement consentent à parler et par ricoché donnent un son à sa parole…

-‘…CAMILLE….’ Dit t’il devant une assistance émue aux larmes ….’…CAMILLE… !’ répéte Pierre incrédule. Il se tourne vers sa femme et répète…’…C’est Camille Adèle… ! Aurèlie … ! C’est CAMILLE…. !’ Adèle se lève , enlace et embrasse Camille. Aurélie en fait de même suivis par ces grands enfants, Edouard et Agnès.
Elle présente ses adolescents, Ruben, Hanna-Henriette et Chlomo.
Camille tient dans ses bras, sa fameuse poupée…Cécile.

-‘…Je l’ai gardée en souvenir pour vous l’offrir aujourd’hui… !’

Puis elle ouvre son sac et là elle sortit le PETIT BILLET….

-‘…Le souvenir de mes parents… ! Je vous le donne… ! En gage de ma très grande reconnaissance pour ce que vous avez fait au péril de votre vie et de celles des vôtres.. !’
-‘…Mais, ils sont à vous… ?’
-‘…Je sais…. ! Mais ils sont à nous maintenant… ! Et je sais que vous les garderez pour des générations entières et lorsque je les aurai languis, vous me les prêterez… ! J’ai perdu toute ma famille et je retrouve une autre à part celle d’Israël… ! ’

La cérémonie dépasse largement le cadre de l’horaire imposé par le protocole.
L’assistance entame le refrain de YEROUCHALAIM CHEL ZAHAV puis ce fut le tour du lunch.

A la sortie, Pierre et sa famille sont invités par les deux familles Leïboici ainsi que par celle de Camille Rosenberg à passer à tour de rôle une journée ensemble.
Quelques jours plus tard, Le premier d’Israël, Mr Itshaq Rabin, tombait sous les balles d’un fanatique religieux juif, le 4/11/1995.

Que sont ils devenus… ?

La famille Berthier, Pierre et Adèle vivent toujours à Paris. A un age avancé.
Aurèlie décéda il y a 5 ans. Elle avait 120 ans.
Elle mourut doyenne des femmes âgées à Paris.
Les familles Leïbovici vivent à Jérusalem entourés de leurs petits enfants.
Camille est informaticienne dans l’armée de l’air et vit à Jérusalem.
Tous les acteurs de cette nouvelle, après la libération ont eut des postes importants après l’arrivée du Général de Gaule, au gouvernement.
Mr Arnaud fut fait préfet de Paris.
Le commissaire Morton fut nommé Ministre de l’Intérieur pour sa participation active dans la résistance.
Georgette Galois se maria à 35 ans avec un ancien soldat américain et vit aux States.
Irène Smadja, la cheftaine de l’atelier de Mr Leïbivici a eut le temps de s’échapper. Elle vit à Ramatgan chez une de ses filles. Devenue complètement sénile.
Yvette Lebrun, la concierge décéda à la libération.
Gilles Lefranc, barman de la Brasserie ‘...Au petit Annelet…’ est propriétaire de six brasserie à Paris.
Alphonse Pingeon, le receleur, s’installa à Marseille. Toujours dans l’usure.
Francis Girard, le chauffeur est devenu garde corps dans une entreprise privée.
Le père Amédée………Abbé franciscain du prieuré de l’Enfant Jésus de Prague.……A Ferté en Amont regagna son pays natale en Italie où il décéda deux ans après la libération de la France.
José Riberole fut déporté par les allemands pour sa participation dans un sabotage.
Il fut cité à l’ordre de la Nation.










Bien que ce récit n’est que pure imagination, tous les acteurs de cette nouvelle sont rentrés dans mon cœur




Bien que ce récit n’est que pure imagination, tous les acteurs de cette nouvelle sont rentrés dans mon cœur

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