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 nous sommes tous juifs

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lola

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MessageSujet: nous sommes tous juifs   Ven 18 Juin - 8:18

“Il y a toujours un problème sépharade en Israël. Les statistiques les plus récentes sur cette problématique délétère, foncièrement socioéconomique, sont très éloquentes: environ 45% des Sépharades (Mizrahim) israéliens appartiennent aujourd’hui encore à des groupes socialement défavorisés”, souligne en entrevue la juriste et activiste sociale israélienne Yifat Bitton, fondatrice et présidente du Centre Tmura, un Centre de lutte contre la discrimination, établi à Tel-Aviv, qui s’est fixé comme mission de défendre les droits civiques et sociaux des groupes les plus discriminés dans la société israélienne, notamment les femmes, les Sépharades, les Arabes israéliens et les Juifs éthiopiens.

Yifat Bitton

Née en Israël dans une famille sépharade -son père est natif du Maroc et sa mère originaire du Yémen-, Yifat Bitton est l’une des meilleurs spécialistes israéliennes des législations anti-­discrimi­na­toires.

Diplômée en Droit de l’Université Yale, détentrice d’un Doctorat en Droit de l’Université Hébraïque de Jérusalem et chercheuse invitée en Études postdoctorales à l’École de Droit de l’Université Harvard, Yifat Bitton est actuellement professeure associée à l’École de Droit d’Israël, Sha’arai Mishpat. Elle a fondé en Israël plusieurs organisations de défense des droits civiques.

En 2010, le problème sépharade dans la société israélienne a “une morphologie” bien différente de celle qu’il avait dans les années 50 et 60, une période sociale très tumultueuse marquée par les révoltes des Communautés sépharades, dont les droits sociaux étaient bafoués par l’establishment politique ashkénaze, constate-t-elle.

“En Israël, dans les années 50 et 60, les discriminations dont étaient victimes les Sépharades étaient un phénomène institutionnalisé.”

L’establishment travailliste ashkénaze alors au pouvoir avait mis en oeuvre une kyrielle de politiques socioéconomiques destinées aux Communautés Sépharades. Des politiques que l’élite dirigeante d’Israël estimait être “les plus efficientes” pour favoriser l’intégration sociale des Communautés sépharades originaires des pays arabes du Maghreb et du Moyen-Orient.

“Ces politiques défaillantes et totalement inadaptées aux besoins des Communautés sépharades ont été un grand fiasco”, rappelle Yifat Bitton.

Aujourd’hui, bien qu’elles soient “moins ostensibles”, les discriminations à l’endroit des Sépharades demeurent un phénomène socioéconomique “très répandu” dans tous les secteurs de la société israélienne, et particulièrement dans le domaine éducatif.

“Les Sépharades, qui représentent plus de 50% de la population israélienne, sont sous-représentés au sein de l’élite et dans les principaux secteurs socio-professionnels: l’enseignement universitaire; la médecine; la Justice; le droit; les affaires; la finance; le secteur bancaire; la haute technologie; le journa­lisme… C’est particulièrement vrai pour les Israéliens d’origine marocaine, pourtant la deuxième Communauté juive en Israël après les Russes. L’élite dirigeante est toujours très majoritairement composée d’Ashkénazes, descendants des pères fondateurs de l’État d’Israël”, affirme Yifat Bitton.

D’après cette juriste très engagée socialement, dans le domaine de l’Éducation, la situation est toujours “très alarmante et ne s’est point améliorée avec le temps”.
“Les statistiques sont très claires. Au niveau universitaire, l’écart entre le nombre d’étudiants sépharades et ashkénazes inscrits dans les programmes de premier, de deuxième et de troisième cycle dans les universités israéliennes est saisissant: de l’ordre de 45%. Dans le monde universitaire, les Sépharades sont en nette infériorité numérique. Aujourd’hui, dans les villes de développement, où la majorité des habitants sont des Mizrahim, le taux de réussite aux examens d’obtention du Diplôme ­d’Études secondaires n’est que de 30%. Dans les villes où les Ashkénazes sont majoritaires, le taux de réussite est de 65%. Ces écarts sont énormes”, se désole Yifat Bitton.

Pourtant, dans l’arène politique et l’armée israéliennes, on ne peut pas dire que les Sépharades soient sous-représentés.

“C’est vrai, reconnaît-elle. Les Sé­pha­­rades sont bien présents en politique et dans les rangs de Tsahal. Mais ces derniers occupent rarement des postes-clés et de décision dans ces deux secteurs importants. C’est surtout vrai en politique. Le cas du Likoud illustre bien mon propos. Ce parti de droite, dont la base électorale est constituée à presque 100% de Sépharades, surtout Marocains, n’a jamais été dirigé par un politicien de souche orientale. Quant à Amir Peretz, il n’a pas fait long feu à la tête du Parti Travailliste. Quand vient le moment d’élire leurs leaders, les partis traditionnels israéliens s’escriment à évincer insidieusement les candidats d’ori­gine sépharade. Ce n’est pas un secret de polichinelle!”

D’après Yifat Bitton, les partis politiques israéliens créés pour défendre les droits des Communautés sépharades, notamment le parti Tami, fondé au début des années 80 par Aharon Abouhatseira, et le parti Gesher, fondé au début des années 90 par David Levy, ont échoué dans leur mission car ils ont été inaptes à proposer des solutions sociales “réa­listes et viables” susceptibles d’amé­lio­rer les conditions de vie des Communautés orientales les plus démunies.

“Le parti ultra-orthodoxe Shass a bien compris le message. C’est pourquoi il a joué à fond la carte sociale. Mais aujourd’hui, le Shass perd du terrain car il est moins actif dans l’arène sociale.”

Yifat Bitton est convaincue que les solutions pour atténuer le problème sépharade en Israël ne pourront émaner que de la société civile et non des cénacles politiques.

“Aujourd’hui, le leadership politique israélien est dans un état piteux. Israël manque de leaders politiques lucides, charismatiques et audacieux. Par contre, dans la société civile, on voit émerger des jeunes issus de groupes discriminés qui sont déterminés à changer les choses. Ils se battent fougueusement pour bâtir une société israélienne plus égalitaire. Cet égalitarisme, qui fait aujourd’hui cruellement défaut en Israël, est une condition sine qua non pour édifier un État d’Israël fort et prospère.”

La prospérité ne doit pas être “un auguste privilège” réservé exclusivement aux plus nantis, renchérit-elle.

“Dans la société israélienne, l’égalitarisme et les valeurs de justice sociale ne cessent de s’éroder. C’est un phé­no­mène pernicieux et très inquiétant qu’il faut absolument endi­guer. En ce début du XXIe siècle, sur le plan socio­éco­no­mique, Israël est l’un des pays les plus inégalitaires du monde. Les pères bâtisseurs de l’État juif doivent être en train de se retourner dans leur tombe! Israël peut être une société ultra-capitaliste tout en ayant le sens des responsabilités sociales. Un capitalisme responsable et à visage humain, ce n’est pas une antinomie! Ce type de capitalisme existe bel et bien dans d’autres pays.”

Durant la dernière décade, Israël s’est doté d’une législation anti-discriminatoire très avant-gardiste, rappelle Yifat Bitton.

“Le problème est que beaucoup de groupes discriminés n’utilisent pas ces législations pour faire valoir leurs droits.”

Le Centre Tmura contre la discrimination mène actuellement un combat homérique dans l’arène politique israélienne pour que la Knesseth adopte des dispositions juridiques pour mettre un terme à “une mesure discriminatoire grossière et intolérable” envers les ­jeunes Sépharades: beaucoup de discothèques leur interdisent l’entrée.

“Ces jeunes Sépharades sont discriminés sur une base purement ethnique. Leur faciès est le seul critère “justifiant” leur bannissement des discothèques israéliennes. C’est scandaleux! La Knesseth examine actuellement ce cas de discrimination répu­gnant.”

La Fédération Sépharade Mondiale, institution affilié à l’Organisation Sio­niste Mondiale, est-elle engagée dans les actions civiques et légales menées pour défendre les droits sociaux des Communautés sépharades?

“Les Associations sépharades sont très actives dans le créneau culturel et totalement absentes dans le domaine social. Leur principal mandat est de sauver et promouvoir la culture sépharade. Les problèmes socio­éco­no­miques des Communautés sépharades n’ont jamais été leur grande préoccupation.”
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Mamili

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MessageSujet: Re: nous sommes tous juifs   Ven 18 Juin - 9:23

C'est encore vrai, pour certains vieux pionniers askenaze, qui oublient l'apport sépharade( souvent des enfants) qu'on venait chercher dans leur famille pour peupler aussi Israel, on leur doit la victoire fulgurante de la guerre des 6 jours..grace à leur connaissance de la langue arabe ils ont anticipés les situations .

.mais le clivage se fait dans la nouvelle génération et certains sépharades ont quand même occupés des postes clés en Israel.

Il reste ce probléme mineur de Schass dans l'affaire Emmanuel , qui refuse l'accés dans leur écoles aux sépharades mais surtout aux Ethiopiens ......chacun ses "couchis"
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