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 Très belle histoire : « Lekha dodi »

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lola

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MessageSujet: Très belle histoire : « Lekha dodi »   Mar 24 Nov - 7:34



Une synagogue à Jérusalem.
L'office étant terminé, David se dirigea rapidement vers les premiers
rangs pour dire "Shabbat Shalom" au rabbin et aux quelques
personnes de sa connaissance, puis rebroussa chemin vers la sortie. Il
fallait maintenant rentrer à la maison pour le Kiddouch.
Comme il s'apprêtait à sortir, mû par une impulsion soudaine, il se retourna
pour regarder les fidèles qui sortaient un par un de la synagogue. Il regarda
attentivement.
N'y aurait-il pas quelqu'un d'isolé qu'il pourrait inviter ? "Tiens, qui
est encore assis prés du mur latéral ?
Je connais pratiquement tout le monde ici, et je n'ai pas l'impression de
l'avoir déjà vu".
David s'approcha du jeune inconnu et l'examina d'un oeil expert.
Une salopette, un sac à dos, le teint mat, des cheveux bruns bouclés
: un Sépharade sans doute, peut être un Marocain...
Il réfléchit encore un instant puis se dirigea vers le jeune garçon en lui
tendant la main dans un geste de bienvenue : "Chabbat Chalom! Je
m'appelle David Einfild. Voulez-vous dîner chez moi ce soir ?"
Le visage soucieux du jeune garcon s'éclaira instantanément d' un grand
sourire. "Oui, merci.
Moi, c'est Mochi ". Il ramassa son sac à dos et ils sortirent
ensemble de la synagogue.
Quelques minutes plus tard, ils étaient tous debout autour de la table de
Chabbat de David. Alors que toute la famille entonnait "Chalom
Aleichem", David remarqua que son invité ne chantait pas. "
Peut-être qu'il est timide, ou qu'il ne sait pas chanter" se dit-il.. Le
jeune garçon le gratifia d'un autre de ses grands sourires et tenta de
suivre, sans grand succès, mais en essayant visiblement de faire de son
mieux.
Le repas commença et l'invité se détendit un peu, mais il
semblait toujours un peu nerveux et ne parlait pratiquement pas. David,
s'en rendant compte, fit en sorte que la conversation s'en tienne à des
généralités et se cantonna à des réflexions sur la Paracha de la semaine et à
des propos à bâtons rompus sur l'actualité.
Après le poisson, David remarqua que son invité feuilletait le recueil de
zmiroth (chants de Chabbat), comme s'il y cherchait quelque chose.
Il lui demanda en souriant : "Vous voulez chanter quelque chose ? Je
peux vous aider si vous n'êtes pas sûr de l’air".
Le visage de Mochi s'éclaira instantanément. " Oui, il y a un air que
j'aimerais bien chanter, mais je ne le trouve pas là.
J'ai beaucoup aimé ce que nous avons chanté ce soir à la synagogue.
C'était comment, déjà ?
Quelque chose avec "Dodi"...."
David était sur le point de dire: " C'est qu'on ne le chante pas
à table habituellement..." mais il se reprit rapidement et se dit
"
Après tout, si ça lui fait plaisir, quel mal y a-t-il ?".
Il reprit à voix haute: " Vous voulez dire Le' ha Dodi ? Attendez,
je vais vous donner un Livre de Prières."
Après avoir chanté Le'ha Dodi, le jeune garçon redevint silencieux
jusqu'après le potage, lorsque David lui demanda "Et maintenant que
voulez-vous chanter ?"
L'invité eut l'air embarrassé, mais après avoir été encouragé, il
dit fermement : "J'aimerais vraiment chanter encore Le'ha
Dodi."
David ne fut pas surpris lorsque, ayant demandé à son invité, après le
poulet, ce qu'il voulait chanter, le jeune garcon lui répondit: "Le'ha
Dodi, s'il vous plait". David faillit s'exclamer :" Chantons un
peu moins fort cette fois, les voisins vont croire que je suis
cinglé", mais il se ravisa.
A la fin, David, n'en pouvant plus, suggéra gentiment, "Vous ne
voulez pas chanter autre chose?"
Son invité rougit et baissa les yeux. "C'est que j'aime vraiment
cette mélodie", murmura-t-il.
"Il y a quelque chose en elle...Je l'aime vraiment." Ils
avaient bien dû chanter huit ou neuf fois " La Mélodie ". David ne
savait plus très bien...il avait perdu le compte.
Plus tard dans la soirée, lorsqu 'ils purent parler tranquillement,
David lui dit :" Nous n'avons pas eu beaucoup le temps de bavarder.
D'où étes - vous ?"
Le garçon eut l'air ennuyé, puis, tout en regardant le
plancher, répondit doucement : " De Ramallah ".
David sentit son coeur s'arrêter dans sa poitrine. Il n'était pas sûr d'avoir
entendu le garçon dire " Ramallah ", une grande ville arabe de
Judée-Samarie.
Il se reprit rapidement et se dit qu'il avait dû dire " Ramleh ",
une ville israélienne. David dit:" Oh oui, j'ai un cousin là-bas.
Est-ce que vous connaissez Effie Golberg ? Il habite rue Herzl."
Le jeune garçon secoua la tête et dit avec tristesse : "Il n'y a
pas de Juif à Ramallah."
David eut le souffle coupé. Il avait bien dit " Ramallah "!
Ses pensées se précipitaient.
Est-ce qu'il venait de passer Chabbat avec un Arabe ?
Pas d'affolement ! Tu vas respirer à fond et essayer d'y voir plus clair.
Il secoua rapidement la tête et dit au garçon : "Je suis désolé ,
je m'y perds un peu. A propos, j'y pense maintenant, je ne vous ai
même pas demandé votre nom de famille.
Comment vous appelez-vous ?"
Le garçon eut un moment l'air terrifié, puis, se raidissant, il dit
calmement: "Brahim Ibn-Esh-Hussein."
Mochi semblait encore plus terrifié maintenant. A l'évidence, il savait
ce que David pensait. Il s'écria précipitamment : " Attendez !
Je suis juif ! J'essaye simplement de savoir où se trouve ma place."
David restait sans voix. Que pouvait-il dire ?
Mochi hésita, puis rompit le silence. "Je suis né et j'ai grandi à
Ramallah. On m'a appris à haïr mes "oppresseurs" juifs et à penser
que les tuer était un acte héroïque. Mais j'ai toujours eu des doutes à
ce sujet. On nous apprend que la Sunna, la tradition, dit que " Nul
d'entre vous n'est un croyant s'il ne désire pas pour son frère ce qu'il
désire pour lui-même ". J'ai réfléchi et je me suis demandé, est-ce que
les Yahud (les Juifs) ne sont pas un peuple eux aussi ?
N'ont-ils pas, comme nous, le droit de vivre ? Si nous devons être bons
envers tout le monde, comment se fait-il que les Juifs soient tenus à
l'écart ?"
"J'ai posé ces questions à mon père et il m'a chassé de la maison.
Comme ça, sans rien d'autre que les vêtements que j'avais sur le dos.
Mais ma décision était prise: je voulais partir et vivre avec les Yahud
jusqu'à ce que je me fasse une idée de ce qu'ils sont réellement."
Mochi poursuivit : "Je revins à la maison cette nuit-là pour
rassembler mes affaires et les mettre dans mon sac à dos. Ma mère me surprit
en pleins préparatifs. Elle me parut pale et troublée, mais elle était calme
et me parla gentiment.. Je lui expliquai que je voulais aller
vivre quelque temps avec les Juifs pour voir comment ils étaient
réellement, et que, peut-être, j'envisagerais même de me convertir.
"Elle devenait de plus en plus pale en m'entendant, et je crus
qu'elle était en colère, mais je me trompais. C'était autre chose qui
lui faisait mal. Elle murmura:" Tu n'as pas besoin de te convertir. Tu
es déjà juif."
"J'étais sous le choc. Ma tête se mit à tourner et pendant un moment, je
fus incapable de parler. Puis je balbutiai "Qu'est-ce que tu veux dire
?"
"Dans le judaïsme, me dit-elle, la religion se transmet par la mère. Je
suis juive, cela signifie que tu es juif."
"Je n'avais jamais eu l'idée que ma mère puisse être juive. Je suppose
qu'elle voulait que personne ne le sache. Elle ne devait pas être
très satisfaite de sa vie car elle murmura soudainement:"J'ai fait
une erreur en épousant un Arabe. A travers toi, ma faute sera
rachetée."
"Ma mère s'exprimait toujours comme ça, de manière un peu poétique..
Elle s'éloigna et revint avec de vieux documents qu'elle me tendit :
c'était mon bulletin de naissance et sa vieille carte d'identité israélienne,
qui me permettraient de prouver que j'étais juif. Je les
ai là, avec moi, mais je ne sais pas quoi en faire.
" Ma mère avait encore en main un papier qu'elle hésitait à me donner...
Elle finit par dire:" Tiens, autant que tu prennes ça aussi. C'est une
vieille photo de mes grands-parents, qui a été prise alors qu'ils
cherchaient la tombe d'un de nos ancêtres très vénéré. Ils sont allés dans le
nord et ont trouvé la tombe, et c'est là que cette photo a été
prise."
David posa doucement sa main sur l'épaule de Mochi, qui leva les
yeux, et on lisait dans son regard un mélange de crainte et d'espoir.
David demanda:" Tu as la photo avec toi ?"
Le visage du garçon s'éclaira. "Oui, bien sûr ! Je l'ai toujours avec
moi."
Il chercha dans son sac à dos et en sortit une vieille enveloppe froissée.
David sortit avec précaution la photo de l'enveloppe, prit ses lunettes,
et regarda attentivement. Ce qu'on voyait au premier abord, c'était une
photo de groupe : une vieille famille Sépharade du début du siècle. Puis, il
se concentra sur la tombe autour de laquelle se
tenaient les personnages. Lorsqu'il parvint à lire l'inscription
sur la pierre tombale, il faillit laisser tomber la photo. Il se frotta
les yeux pour être sûr qu'il avait bien lu. Il n'y avait pas le
moindre doute. La photo avait été prise dans le vieux cimetière
de Safed, et la tombe était celle du grand kabbaliste et tsaddik Rabbi
Shlomo Alkabetz, l'auteur de "Le'ha Dodi."
"David expliqua à Mochi, d'une voix tremblante d'excitation, qui
était son ancêtre. "C'était l'ami du Ari zal, un grand Sage, un
Juste, un mystique. Et tu vois, Mochi, c'est ton ancêtre qui a écrit
cette mélodie que nous n'avons pas arrêté de chanter ce Chabbat : Le'ha Dodi."
Cette fois, c'était au tour de Mochi de rester sans voix. David se leva
lentement, encore sous le choc de ce qui venait de se passer. Il tendit
une main tremblante et dit: " Bienvenue à la maison, Mochi !
Et maintenant, que dirais-tu de te choisir un nouveau nom ?"

Extrait de " Moncey,
Kiryat Sefer, and Beyond .
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breitou

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MessageSujet: Re: Très belle histoire : « Lekha dodi »   Mar 24 Nov - 12:47

Lola en effet très belle histoire.
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MONROE

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MessageSujet: Re: Très belle histoire : « Lekha dodi »   Mar 24 Nov - 16:37

Ton histoire evidement , m a beaucoup plue, Lola, je ne m attendais a une si belle fin.
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lola

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MessageSujet: Re: Très belle histoire : « Lekha dodi »   Mar 24 Nov - 18:05

L’avant-dernier
marrane
par Viviane Scemama-Lesselbaum




En juin 1960 : annonce du concert de Guy Béart donné au Casino du Belvédère. Par une belle journée ensoleillée, un beau garçon d’origine italienne se dirigea vers la boutique de Félix, le marchand de journaux. Il en ressortit avec le « Corriere della sera » et «La
Repubblica». Invité par la Chambre de Commerce tunisienne, il ne devait pas séjourner plus de huit jours en Tunisie.


Le lendemain, il remarqua la présence d’Esther, la fille cadette de Félix. Avec un large sourire, il lui demanda de mettre de côté, pour une semaine, ces deux quotidiens. Sa distinction
et son charme n’échappèrent pas au regard d’Esther. Enzo ne fut pas insensible non plus au charme discret et à la gentillesse qui émanaient de cette jeune fille. Elle s’efforça de glisser dans leurs échanges quelques mots en italien avec l’accent judéo tunisien.
Il demanda à Esther si elle voulait l’accompagner à une soirée de détente. Elle proposa le concert que devait donner le soir même Guy Béart. La permission accordée par les parents, ils s’en furent au spectacle. Il la raccompagna devantl’immeuble et, avant de la quitter, ils s’embrassèrent longuement avec la promesse de se revoir le lendemain. Enzo est catholique pratiquant.
Esther le savait. Elle appréhendait que ses parents ne mettent le holà à cette
relation. Adulte, têtue et amoureuse, elle sut franchir cet obstacle avec obstination. Elle quitta la Tunisie pour s’installer à Ferrare dans La famille d’Enzo qui sut l’accueillir avec beaucoup de chaleur.

Le mariage eut lieu dans la chapelle familiale. Il fut consacré par le grand onclearchevêque qui enseigne au collège des Jésuites à Rome. De cette union naquit un petit garçon, David, qui fut
baptisé et élevé dans la foi chrétienne. Adolescent, David fut happé par la religion, aidé en cela par les relations familiales si proches du Vatican. Le grand oncle le fit entrer au petit séminaire de Ferrare où il poursuivit de brillantes études théologiques à la maison, Esther, par respect pour ses origines, maintint l’habitude d’allumer des veilleuses le vendredi soir. David l’accompagnait dans ce rituel, essayant en vain de décrypter les quelques phrases dites en hébreu par sa mère. A la demande qu’il fit pour sa formation d’évêque, il ajouta l’hébreu biblique ; complément qu’il
jugea indispensable pour une connaissance plus approfondie de sa foi et en regard de sa double appartenance.

Quelques mois plus tard, il confia à sa mère l’attirance qu’il avait pour la religion de ses pères et le trouble qu’il éprouvait simultanément à ignorer ses origines juives. Le peu d’attachement qu’elle avait conservé des traditions ne lui était d’aucun secours. Elle n’avait plus remis les pieds dans une synagogue depuis le mariage de sa cousine à la grande synagogue de Tunis.

Rendu soucieux par ces interrogations, il rejoignit, comme simple touriste, un groupe qui visitait la synagogue de Venise. A cette occasion, il s’informa sur l’horaire des offices qu’il nota soigneusement.

Quelques semaines plus tard, il décida de faire la même démarche dans sa bonne ville de Ferrare. Malheureusement, il trouva porte close, les horaires ne devant plus correspondre. En
relevant la tête, une plaque de marbre attira son attention : y étaient gravés les noms des Juifs de Ferrare déportés. Les Finzi, les Contini, les Bassani et tant d’autres qui ne sont
jamais revenus. Il consulta l’annuaire de la ville et se mit à la recherche des survivants. Il releva le nom de Bassani Giorgio, écrivain. Il s’empara du dictionnaire et découvrit dans la biographie de cet auteur le titre d’un livre : « Le jardin des Finzi Contini » qu’il rattacha à la plaque gravée. Dans la même année, sortait le film de Vittorio de Sica tiré de ce document.
Enfin, il prit enfin contact avec le Grand Rabbin d’Italie et lui fit part de ses doutes quant au choix qui lui fut imposé. Juif par sa mère, il n’est pas question de conversion lui précisa t-il, sinon à suivre les préceptes de la religion juive. Il renouvela sa vaisselle et modifia son mode d’alimentation. Il fut invité tous les shabbat à la table de la communauté.

En tant que neveu d’un archevêque, il avait ses entrées au Vatican. Cette faveur qui lui fut accordée lui permit d’avoir accès à des archives ultra confidentielles concernant le
patrimoine judaïque.

Un vendredi matin il entraîna sa mère pour une visite de Rome. Il la quitta en début d’après-midi devant « la Trinité des Monts » et continua à pied jusqu’au Vatican. Il la rejoignit quelques
heures plus tard, comme convenu, devant la grande synagogue pour le premier office du soir. Ils pénétrèrent ensemble puis se séparèrent. Elle monta à l’étage, se pencha et aperçut son fils,
la kippa sur la tête, en train de prier. Bouleversée, elle se rassit jusqu’à la fin de l’office. Elle redescendit l’escalier, croisa le regard du gardien de la synagogue en grande conversation avec son fils. Il leur souhaita à tous les deux la bienvenue avec l’accent des juifs d’Afrique du Nord. Il venait du Maroc. Esther lui adressa quelques mots en arabe. Surpris de cette complicité, David réagit avec ces quelques mots : « Je ne vais pas me mettre à une troisième langue, maintenant ! » David avait tout prévu. Mosès, le serrurier du Vatican, avait loué auparavant deux chambres d’hôtel proches de la synagogue pour les offices de shabbat.

Ordonné évêque, il eut ses entrées au Vatican, ainsi qu’aux fameuses caves où était entreposé le butin provenant des pillages opérés par les Croisés, les Dominicains, les Jésuites, et autres ordres plus ou moins obscurs. Un trousseau de clés lui fut remis et dont il fit faire le double par Mosès. Tous les jours, il se rendit aux sous-sols du palais Saint Pierre. Révolté, il entreprit d’établir un inventaire de tout ce qui concernait le judaïsme. Cela l’occupa
pendant deux à trois semaines.

Afin que ses absences ne fussent pas remarquées par l’évêché de Ferrare, il effectua des navettes la nuit tombée, sans omettre de se débarrasser de sa soutane pourpre. Il loua un vélo avec deux sacoches accrochées à l’arrière pour ranger la multitude de livres de prières lesquels, pour la plupart, dataient de la destruction du Deuxième Temple qui étaient en fort bon état, ainsi que des objets de culte. Pour le transport de la dizaine de rouleaux de la Torah, il se fit aider par Mosès et son fils, tous deux, heureux de participer à cette restitution.

Esther, dont la famille était d’origine livournaise, lui communiqua l’adresse d’un transitaire, parent lointain qui effectuait des rotations entre Israël et l’Italie. Dans ce but, il se rendit à
Livourne et il fit acheminer ce discret container en Israël par voie maritime. Un compte-rendu détaillé de l’opération fut remis aux autorités israéliennes qui répartirent ensuite à travers tous
les musées d’Israël, ce patrimoine que les persécuteurs de tous les temps
s’étaient appropriés.

Ne voulant rien laisser paraître momentanément aux yeux de la hiérarchie romaine, il continua de répondre à toutes les invitations. La dernière reçue émanait de l’autorité ecclésiale de la ville de Lyon. Le texte était rédigé de la façon
suivante : « Vous êtes prié d’honorer de votre présence l’exposition organisée par la compagnie de Jésus, qui se tiendra à Lyon à la bibliothèque de la Part Dieu au département des religions. Elle comportera, entre autres documents précieux, un rouleau du livre d’Esther datant du dix septième siècle.

Ce parchemin a été illustré et calligraphié par les maîtres de Safed en Israël ». A cette lecture, le sang de David ne fit qu’un tour, d’autant que les relations, en cette fin de siècle entre le Vatican et les autorités religieuses juives n’étaient pas au beau fixe. Il accepta l’invitation.

Il s’envola pour la région lyonnaise où il fut hébergé pour quelques jours chez le directeur d’un centre talmudique. Il se
rendit au vernissage de l’exposition en tenue d’évêque. Il la traversa au pas de course avec une seule idée en tête : récupérer la Méguilah d’Esther. Avec beaucoup de tact et de discrétion, David demanda au conservateur la permission d’admirer de plus près ce fameux rouleau. Au vu du rang qu’il occupait, il ne sut la lui refuser. La vitrine ouverte, le relieur, qui détenait lesclés, s’éloigna quelques instants, le temps pour David de s’emparer de la Méguilah, de l’enfouir sous sa soutane et de sortir à pas lents de la bibliothèque.

Il passa le shabbat, inclus dans ce voyage, au milieu de personnalités religieuses de premier plan qui lui assurèrent la plus grande discrétion.
Le lendemain matin, il prit la navette qui le déposa à l’aéroport international Saint-Exupéry de Lyon. L’attente fut longue et, plus particulièrement pour ceux en partance pour Israël. Pour
occuper ces heures, David acheta le quotidien local et quelques revues.
Brusquement, son attention fut attirée par le gros titre du Progrès de Lyon : « Un rouleau d’Esther datant du dix-septième siècle et d’une valeur inestimable a été dérobé à la bibliothèque de la Part Dieu. Les
recherches entreprises se sont avérées vaines. L’acte d’un simple d’esprit,
pour lequel ce gribouillis n’est que de l’hébreu et qui aura tôt fait de s’en défaire, est l’hypothèse retenue par les enquêteurs.»

A Ferrare, Esther et Enzo sont sur le pas de la porte et surveillent l’arrivée de leur fils. Dès qu’il descend du taxi, Esther saute à son cou : « Ca y est, David ! Tu as reçu ton billet d’avion pour Israël ! » Il s’excuse un instant, se rend aux toilettes et revient en tenue civile : « Maman, je n’ai jamais oublié que tu t’appelles Esther. Voici ta Méguilah, prends-en soin.
Surtout, nmaman, surtout… ne me pose pas de questions.» Le

troisième ouvrage "L'avant-dernier
marrane",
nouvelles suivies de Chroniques israéliennes,
a été édité en Israël.
Il est diffusé par son auteur,
Viviane Scemama-Lesselbaum




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MONROE

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MessageSujet: Re: Très belle histoire : « Lekha dodi »   Mar 24 Nov - 18:31

Lola, please, si tu peux a nouveau repasser ton histoire en plus grosses lettres, j avoue que j ai lue que le debut,

et meme avec mes lunettes, ca fatigue les yeux en petits caracteres .Merci.
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breitou

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MessageSujet: Re: Très belle histoire : « Lekha dodi »   Mar 24 Nov - 19:28

C'est fait.
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breitou

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MessageSujet: Re: Très belle histoire : « Lekha dodi »   Mar 24 Nov - 19:29

Lola pour agrandir les textes, reprend le et souligne tout en noir et ensuite va sur ton world et agrandit les caractères des polices et revient l'insérer.

Merci.
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lola

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MessageSujet: Re: Très belle histoire : « Lekha dodi »   Mar 24 Nov - 19:31

merci Breitou
j'essayais desperement de grossir les lettres de cette histoire
voila qui est fait
merci encore
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breitou

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MessageSujet: Re: Très belle histoire : « Lekha dodi »   Mar 24 Nov - 19:51

Autre chose pour éviter les signes des caractères qui se répercutent sur l'écran, pas la peine de cliquer sur AA, poster directement, et les caractéres en gros apparaitrons, sauf pour le B gras et la couleur.
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MessageSujet: Re: Très belle histoire : « Lekha dodi »   

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